SCÈNE I
LISE, MARTHE
LISE
Ah ! je me sauve à peine entre tes bras. Que de danger ! quel horrible embarras ! Faut-il qu'une àme aussi tendre, aussi pure. D'un tel soupçon souffre un moment l'injure ! Cher Euphémon, cher et funeste amant, Es-tu donc né pour faire mon tourment?
A ton départ tu m'arrachas la vie, Et ton retour m'expose à l'infamie.
[A Marthe.) Prends garde au moins, car on cherche partout.
MARTHE
J'ai mis, je crois, tous mes chercheurs à bout. Nous braverons le greffe et l'écritoire; Certains recoins, chez moi, dans mon armoire, Pour mon usage en secret pratiqués, Par ces furets ne sont point remarqués; Là, votre amant se tapit, se dérobe Aux yeux hagards des noirs pédants en robe. Je les ai tous fait courir comme il faut, Et de ces chiens la meute est en défaut.