‹ Théâtre completChapitre 1128 sur 1720 · SCÈNE III SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE III SCÈNE V

LISE, MARTHE, RONDON.

Matoise! mijaurée!

Fille pressée, âme dénaturée !

Ah! Lise, Lise, allons, je veux savoir Tous les entours de ce procédé noir.

Çà, depuis quand connais-tu le corsaire ? Son nom? son rang? comment t'a-t-il pu plaire? De ses méfaits je veux savoir le fil.

D'où nous vient-il? en quel endroit est-il? Réponds, réponds : tu ris de ma colère? Tu ne meurs pas de honte ?

LISE

Non, mon père.

RONDON.

Encor des non? toujours ce chien de ton; Et toujours non, quand on parle à Rondon! La négative est pour moi trop suspecte : Quand on a tort, il faut qu'on me respecte, Que l'on me craigne, et qu'on sache obéir.

LISE

Oui, je suis prête à vous tout découvrir.

RONDON.

Ah! c'est parler cela; quand je menace, On est petit

LISE

Je ne veux qu'une grâce :

C'est qu'Euphémon daignât auparavant Seul en ce lieu me parler un moment.

RONDON.

Euphémon? bon! Eh! que pourra-t-il faire? C'est à moi seul qu'il faut parler.

Mon père, J'ai des secrets qu'il faut lui confier; Pour votre honneur daignez me l'envoyer, Daignez c'est tout ce que je puis vous dire.

RONDON.

A sa demande encor faut-il souscrire ?

A ce bonhomme elle veut s'expliquer;

On peut fort bien souffrir, sans rien risquer,

Qu'en confidence elle lui parle seule;

Puis sur-le-champ je cloître ma bégueule.

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