‹ Théâtre completChapitre 1158 sur 1720 · ARISTON, CLITANDRE, LAURE · texte numérisé non relu

ARISTON, CLITANDRE, LAURE

Je suis confus pour vous d'une telle incartade. Quelle réception ! quelle étrange boutade !

ARISTON

Que d'aller s'enterrer dans le fond d'un couvent. Je suis épouvanté, saisi, pétrifié.

11 faudra vous y suivre, et j'en suis fort fâchée.

HORTENSE

Que des hommes, bon Dieu ! l'âme esl fausse et Aurais-tu pu penser que mon affection, [cachée ! Que mes calamités me viendraient d' Ariston ?

LAURE

Oui, je vous l'avais dit, et vous deviez l'entendre.

HORTENSE

Non, cet événement ne saurait se comprendre. Honneur, raison, devoir, est-ce donc vainement Que mon cœur vous aima? qu'il suivit constamment Vos lois, celles du inonde et de la bienséance ? Nos vertus, je le vois, sont en notre puissance ; Notre félicité ne dépend pas de nous.

LAURE

Laissez; je vais parler à monsieur votre époux,

HORTENSE

Non, non, gardez-vous bien d'irriter sa colère.

LAURE

Dites-moi, s'il vous plaît, ce qu'il convient défaire. Ce maudit Ariston pourrait tout éclaircir ; Vous le cherchiez.

[A Laure qui sortait, et qu'il arrête.) Ma belle enfant, parlez, dites-moi, par pitié, Quel crime j'ai commis, ce que cela veut dire,

(Elle veut sortir.) Ce que j'ai fait. Un mot.... arrêtez...! Quel délire Semble être répandu sur toute la maison ! De grâce, instruisez-moi.

LAURE

Vous êtes un fripon.

Il vous appartient bien de critiquer ma vie, De vouloir empêcher que l'on ne me marie ! Ah ! je me marierai, je vous braverai tous, Et je ferai très-bien mes affaires sans vous.

[Elle son.

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