LES ACTEURS PRÉCÉDENTS, ZOÏLIN
CLÉON
Çà, monsieur Zoïlin, votre amitié prudente M'a demandé tantôt cette place importante Dont le prince honorait Ariston votre ami; Vous m'avez bien fait voir comme j'en suis trahi; Vous m'avez éclairci sur ses mœurs, sur ses vices : Je ne puis trop payer ces importants services.
ZOÏLIN.
Mes soins, mes sentiments, sont trop récompensés.
CLÉON
Croyez qu'ils le seront; mais ce n'est point assez. Vous connaissez, je crois, quel est mon caractère; Je suis reconnaissant, mais je suis très-sévère.
ZOÏLIN.
Ah! monseigneur, il faut vous en estimer plus.
CLÉON
C'est un devoir sacré de payer les vertus ; Mais du public aussi l'inflexible service Exige sans pitié qu'un crime se punisse.
ZOÏLIN.
On n'en peut pas douter, c'est la première loi.
cléon.
Vous le croyez ?
ZOÏLIN.
j'en suis convaincu.
CLÉON
Dites-moi :
Comment traiteriez-vous un ingrat dont l'envie Aurait voulu couvrir son ami d'infamie, Et qui, jusqu'en ces lieux répandant son poison, D'un bienfaiteur trop simple eût troublé la maison;
[pables^ Qui par d'affreux écrits, non moins plats que cou-