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SCÈNE V

BLANFORD, DARMIN.

BLANFORD.

Çà, pensez-vous Que d'un tel homme on puisse être jaloux?

DARMIN.

Le ridicule et la bonne fortune

Vont bien ensemble, et la chose est commune.

BLANFORD.

Quoi! vous pensez....

DARMIN.

Oui, ces femmes de bien Aiment parfois les grands diseurs de rien. Mais permettez que j'aille un peu moi-môme

LA PRUDE, ACTE II, SCENE ï.

I Chercher mon sort et savoir si

on m aime.

BLANFORD.

Oui, hâtez-vous d'être congédié.

Hum! le pauvre homme! il me fait grand'pitié.

Que je te loue, ô destin favorable,

Qui me fais prendre une femme estimable!

Que dans mes maux je bénis mon retour!

Que ma raison augmente mon amour!

Oh! je fuirai, je l'ai mis dans ma tête,

Le monde entier pour une femme honnête.

C'est trop longtemps courir, craindre, espérer ;

Voilà le port où je veux demeurer.

Près d'un tel bien qu'est-ce que tout le reste?

Le monde est fou, ridicule ou funeste;

Ai-je grand tort d'en être l'ennemi?

Non, dans ce monde il n'est pas un ami,

Personne au fond à nous ne s'intéresse;

On est aimé, mais c'est de sa maîtresse :

Tout le secret est de savoir choisir.

Une coquette est un vrai monstre à fuir,

Mais une femme, et tendre, et belle, et sage,

De la nature est le plus digne ouvrage.

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