‹ Théâtre completChapitre 1239 sur 1720 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

NANINE

Quelles douleurs cuisantes !

Quel embarras ! quel tourment! quel dessein! Quels sentiments combattent dans mon sein! Hélas! je fuis le plus aimable maître!

En le fuyant, je l'offense peut-être; Mais, en restant, l'excès de ses bontés M'attirerait trop de calamités, Dans sa maison mettrait un trouble horrible. Madame croit qu'il est pour moi sensible, Que jusqu'à moi ce cœur peut s'abaisser : Je le redoute et n'ose le penser.

De quel courroux madame est animée!

Quoi! l'on me hait, et je crains d'être aimée? Mais moi! mais moi! je me crains encor plus; Mon cœur troublé de lui-même est confus. Que devenir? De mon état tirée, Pour mon malheur je suis trop éclairée. C'est un danger, c'est peut-être un grand tort D'avoir une âme au-dessus de son sort.

11 faut partir; j'en mourrai, mais n'importe.

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