MONROSE, FABRICE
FABRICE, le tirant par la manche.
Monsieur, n'y a-t-il personne là?
Que j'attends son retour avec des moincmenls d'impatience et de trouble !
FABRICE
Ne nous écoute-t-on point ?
MONROSE
Mon cœur ne peut suffire à tout ce qu'il éprouve.
FABRICE
On vous cherche....
MONROSE, se tournant,
Qui ? quoi ? comment ? pourquoi ? que voulez» vous dire ?
FABRICE
On vous cherche, monsieur. Je m'intéresse à ceux qui logent chez moi. Je ne sais qui vous êtes; mais on est venu me demander qui vous étiez: on rôde autour de la maison, on s'informe, on entre, on passe, on repasse, on guette, et je ne serai point surpris si, dans peu, on vous fait le même compliment qu'à cette jeune et chère demoiselle, qui est, dit-on, de votre pays.
MONROSE
Ah! il faut absolument que je lui parle avanl <le partir.
L'ÉCOSSAISE, ACTE IV, SCÈNE IL
FABRICE
Partez vite, croyez-moi; notre ami Frceport ne serait peut-être pas d'humeur à faire pour vous ce qu'il a fait pour une belle personne de dix-huit ans.
MONROSE
Pardon.... Je ne sais ... où j'étais.... je vous entendais à peine.... Que faire ? où aller,, mon cher hôte? Je ne puis partir sans lavoir.... Venez, que je vous parle un moment dans quelque endroit plus solitaire, et surtout que je puisse ensuite entretenir cette jeune Écossaise.
FABRICE
Ah ! je vous avais bien dit que vous seriez enfin curieux de la voir. Soyez sûr que rien n'est plus beau et plus honnête.