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ACTE DEUXIÈME SCÈNE I

LE BAILLIF; VllUVE, son valet; ensuite COLETTE;

LE BAILLIF

Ma robe, allons... du respect... vite, Phlipe. C'est en baillif qu'il faut que je m'équipe : J'ai des clients qu'il faut expédier.

Je suis baillif, je te fais mon huissier. Amène-moi Colette à l'audience.

[Il s'assied devant une table, et feuillette un grand livre.) L'affaire est grave et de grande importance. De matrimonio . . . chapitre deux.

Empêchements.... Ces cas-là sont véreux; Il faut savoir de la jurisprudence.

(A Colette.) Approchez-vous... faites la révérence, Colette : il faut d'abord dire son nom.

COLETTE

Vous l'avez dit, je suis Colette.

LE BAILLIF, écrivant.

Bon.

Colette... Il faut dire ensuite son âge. Yavez-vous pas trente ans, et davantage ?

COLETTE

Fi donc, monsieur! j'ai vingt ans, tout au plus.

LE BAILLIF, écrivant.

Çà, vingt ans passe: ils sont bien révolus?

COLETTE

L'âge, monsieur, ne fait rien à la chose; Et, jeune ou non, sachez que je m'oppose A tout contrat qu'un Mathurin sans foi Fera jamais avec d'autres que moi.

LE BAILLIF

Vos oppositions seront notoires.

Ça, vous avez des raisons péremptoires?

COLETTE

J'ai cent raisons.

LE BAILLIF

Dites-les... Aurait-il...?

COLETTE

Oh ! oui, monsieur.

Mais vous coupez le fil, A tout moment, de notre procédure.

COLETTE

Pardon, monsieur.

LE BAILLIF

Vous a-t-il fait injure?

COLETTE

Oh tant! j'aurais plus d'un mari sans lui ; Et me voilà pauvre fille aujourd'hui.

LE BAILLIF

Il vous a fait sans doute des promesses?

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