‹ Théâtre completChapitre 1387 sur 1720 · LA COMTESSE, LE MARQUIS · texte numérisé non relu

LA COMTESSE, LE MARQUIS

LA COMTESSE

Il est temps qu'une mère, Que vous écoutez peu, mais qui ne doit rien taire, Dans l'âge où vous entrez, sans plainte et sans ri- Parlc à voire raison et sonde votre cœur, [gueur, Je veux bien oublier que, depuis votre enfance, Vous avez repoussé ma tendre complaisance; Que vos maîtres divers et votre précepteur, Par leurs soins vigilants révoltant votre humeur, Vous présentant à tout, n'ont pu rien vous appren- Tandis qu'àleurs leçons empressé de se rendre, [dre : Le fils de la nourrice, à qui vous insultiez, Apprenait aisément ce que vous négligiez; Et que Chariot, toujours prompt à me satisfaire, Faisait assidûment ce que vous deviez faire.

LE MARQUIS

Vous l'oubliez, madame, et m'en parlez souvent. Chariot est, je l'avoue, un héros fort savant. Je consens pleinement que Chariot étudie, Que Guillot aille aussi dans quelque académie; La doctrine est pour eux et non pour ma maison. Je hais fort le latin; il déroge à mon nom; Et l'on a vu souvent, quoi qu'on en puisse dire, De très-bons officiers qui ne savaient pas lire.

LA COMTESSE

S'ils l'avaient su, mon fils, ils en seraient meilleurs. J'en ai connu beaucoup qui, polissant leurs mœurs, Des beaux-arts avec fruit ont fait un noble usage, Un esprit cultivé ne nuit point au courage. Je suis loin d'exiger qu'aux lois de son devoir Un officier ajoute un triste et vain savoir; Mais sachez que ce roi, qu'on admire et qu'on ai* A l'esprit très-orné. [me,

LE MARQUIS

Je ne suis pas de même.

Page 1