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LES ORIGINAUX, ACTE I, SCÈNE IV

LA PRÉSIDENTE

Et rien ne vous a donné de soulagement?

LE CHEVALIER

Pardonnez-moi, madame ; cinq ou six ordonnances par écrit m'ont donné un peu de tranquillité. Je me suis mis entre les mains d'un médecin charmant, qui a entrepris ma cure; mais je commence à croire qu'il faudra que vous daigniez l'aider: heureux si vous pouvez consulter avec lui sur les moyens de me mettre dans l'état où j'aspire.

LA PRÉSIDENTE

Oh ! vous n'avez qu'à l'amener, je le purgerai lui-même., je vous en réponds.

LE PRÉSIDENT

Or çà, monsieur, point de compliments entre gens du métier: vous souperez avec nous ce soir, si vous le trouvez bon; et cela en famille avec ma femme, ma fille la comtesse, et ma fille Fanchon.

LE CHEVALIER

Ah! monsieur, vous ne pouviez, je vous jure, me faire un plus grand plaisir.

Et après souper, je veux que nous observions ensemble l'état du ciel.

LE CHEVALIER

Pardonnez-moi, monsieur; j'ai d'ordinaire après souper la vue un peu trouble.

LA PRÉSIDENTE

Vous voulez me tuer ce pauvre garçon; et moi je vous dis qu'après souper il prendra trois de mes pilules. Mais je veux auparavant qu'il fasse connaissance avec toute ma famille.

LE PRÉSIDENT

C'est bien dit, ma toute: qu'on fasse descendre madame la comtesse et Fanchon.

LA PRÉSIDENTE

Mes filles! madame la comtesse !

LA COMTESSE

Nous descendons, madame.

FANCHON

Je vole, ma mère.

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