SCÈNE V
LA COMTESSE, FANCHON
LA COMTESSE
Demeure un peu, ma sœur Fanchon.
FANCHON
Il faut que j'aille servir notre malade, ma chère comtesse : le ciel le veut comme cela.
LA COMTESSE
Donne-moi pour un moment la préférence.
FANCHON
Pour un moment, passe.
LA COMTESSE
Je n'ai plus de confiance qu'en toi, ma petite sœur.
FANCHON
Hélas! que puis-je pour vous, moi qui suis si fort embarrassée pour moi-même?
LA COMTESSE
Tu peux m'aider.
FANCHON
A quoi? à vous venger de votre glorieux et impertinent mari? oh ! de tout mon cœur.
LA COMTESSE
Non, mais à m'en faire aimer.
FANCHON
Il n'en vaut pas la peine, puisqu'il ne vous aime pas. Mais voilà malheureusement la raison pourquoi vous êtes si fort attachée à lui : s'il était à vos pieds, vous seriez peut-être indifférente.
LA COMTESSE
Le cruel me traite avec tant de mépris!... Il en use avec moi comme si nous étions mariés de cinquante ans.