‹ Théâtre completChapitre 150 sur 1720 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

HERMOGIDE, EUPHORBE.

HERMOGIDE.

Demeure : ce n'est pas au gré de son caprice Qu'il faut que ma fortune et que mon cœur fléchisse ; Et je n'ai pas versé tout le sang de mes rois, Pour dépendre aujourd'hui du hasard de son choix. Parle: as-tu disposé cette troupe intrépide, Ces compagnons hardis du destin d'Hermogide ? Contre la reine même osent-ils me servir?

EUPHORBE

Pour vos intérêts seuls ils sont prêts à périr.

HERMOGIDE.

Je saurai me sauver du reproche et du blâme D'attendre. pour régner les bontés d'une femme. Je fus vingt ans sans maître et ne puis obéir : Le fruit de tant de soins est lent à recueillir. Mais enfin l'heure approche, et c'était trop attendre Pour suivre Amphiaraiïs ou régner sur sa cendre. Mon destin se décide ; et si le premier pas Ne m'élève à l'empire, il m'entraîne au trépas. Entre le trône et moi tu vois le précipice: Allons, que ma fortune y tombe ou le franchisse.

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