‹ Théâtre completChapitre 158 sur 1720 · ERIPHYLE, ACTE IV, SCENE IL · texte numérisé non relu

ERIPHYLE, ACTE IV, SCENE IL

Si quelque audacieux avait pu l'offenser... Mais que dis-je ! toi-même, as-tu pu le penser ? Peux-tu me présenter ce poison que l'envie Répand aveuglément sur la plus belle vie ? Tu connais peu la cour; mais la crédulité Aiguise ainsi les traits de la malignité: Vos oisifs courtisans, que les chagrins dévorent, S'efforcent d'obscurcir les astres qu'ils adorent : Si l'on croit de leurs yeux le regard pénétrant, Tout ministre est un traître et tout prince un L'hymen n'est entouré que de feux adultères, [tyran. Le frère à ses rivaux est vendu par ses frères; Et sitôt qu'un grand roi penche vers son déclin, Ou son fils, ou sa femme, ont hâté son destin. Je hais de ces soupçons la barbare imprudence : Je crois que sur la terre il est quelque innocence; Et mon cœur, repoussant ces sentiments cruels, Aime à juger par lui du reste des mortels. Qui croit toujours le crime en paraît trop capable. A mes yeux comme aux tiens Hermogide est coupable :

Lui seul a pu commettre un meurtre si fatal; Lui seul est parricide.

THÉANDRE

11 est votre rival :

Vous écoutez sur lui vos soupçons légitimes; Vous trouvez du plaisir à détester ses crimes. Mais un objet trop cher...

ALCMÉON

Ah! ne l'offense plus; Et garde le silence, ou vante ses vertus.

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