SUITE DE LA REINE, LE CHOEUR
Ah! grands dieux! quelle rage!
(17 aperçoit Ériphyle.) Malheureux!... quel objet!... que vois-je? ÉRIPHYLE, soutenue par ses femmes.
Ton ouvrage.
Ma main, ma faible main volait à ton secours. Je voulais te défendre et tu tranches mes jours.
ALCMÉON
Qui? moi! j'aurais sur vous porté mon bras impie! Moi ! qui pour vous cent fois aurais donné ma vie ! Ma mère! vous mourez!
ERIPHYLE.
Je vois à ta douleur Que les dieux malgré toi conduisaient ta fureur. Du crime de ton bras ton cœur n'est pas complice. Ils égaraient tes sens pour hâter mon supplice. Je te pardonne.,,
ALCMÉON
Ah! dieux! Gourez... qu'un prompt secours...
ÉRIPHYLE
Épargne-toi le soin de mes coupables jours. Je ne demande point de revoir la lumière; Je finis sans regret cette horrible carrière... Approche-toi du moins; malgré mes attentats, Laisse-moi la douceur d'expirer dans tes bras. Ferme ces tristes yeux qui s'entr'ouvrent à peine.
ALCMÉON, se jetant aux genoux d1 Eriphyle. Ah! j'atteste des dieux la vengeance inhumaine, Je jure par mon crime et par votre trépas Que mon sang à vos yeux...
Mon fils, n'achève pas.
ALCMÉON
Moi! votre fils! qui, moi! ce monstre sanguinaire!
ÉRIPHYLE
Va, tu ne fus jamais plus chéri de ta mère. Je vois ton repentir... Il pénètre mon cœur. Le mien n'a pu des dieux apaiser la fureur. Un moment de faiblesse, et même involontaire, A fait tous mes malheurs, a fait périr ton père... Souviens-toi des remords qui troublaient mes es-
[prits...
Souviens-toi de ta mère.., ô mon fils... mon cher C'en est fait. [fils!
[Elle meurt.)
ALCMÉON
Sois content, impitoyable père!
Tu frappes par mes mains ton épouse et ma mère. Viens combler mes forfaits, viens la venger sur moi. Viens t'abreuver du sang que j'ai reçu de toi. Je succombe, je meurs, ta rage est assouvie.
THÉANDRE
Secourez Alcméon; prenez soin de sa vie. Que de ce jour affreux l'exemple menaçant Rende son cœur plus juste et son règne plus grand.
FIN D'ERIPHYLE.
ZAOKE
. Ali', souffrez que loin de voire vue, Sei&Leur. j'aille cacher mes larmes, mes ennui?, Mes vcenx. mon désespoir, et l'horreur où je suis.
ArtrJUsc. W
ZAÏRE
TRAGÉDIE EN CINQ ACTES
(13 août 1732.)