‹ Théâtre completChapitre 215 sur 1720 · ZAÏRE, ACTE V, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ZAÏRE, ACTE V, SCÈNE X

Au héros dont lu viens d'assassiner la fille, [coups; Tes tourments sont-ils prêts? Je puis braver tes Tu m'as fait éprouver le plus cruel de tous. Mais la soif de mon sang, qui toujours te dévore, Permet-elle à l'honneur de te parler encore? En m'arrachant le jour, souviens-toi des chrétiens Dont tu m'avais juré de briser les liens : Dans sa férocité, ton cœur impitoyable De ce trait généreux serait-il bien capable? Parle, à ce prix encor je bénis mon trépas. OROSMANE, allant vers le corps de Zaïre. Zaïre !

CORASMIN.

Hélas! seigneur, où portez-vous vos pas? Rentrez, trop de douleur de votre âme s'empare; Souffrez que Nércstan....

NÉRESTAN

Qu'ordonnes-tu , barbare ?

OROSMANE, après une lon/jue panse.

Qu'on détache ses fers. Écoutez, Corasmin; Que tous ses compagnons soient délivrés soudain. Aux malheureux chrétiens prodiguez mes largesses; Comblés de mes bienfaits, chargés de mes richesses, Jusqu'au port de Joppé vous conduirez leurs pas,

CORASMIN.

Mais, Seigneur...,

OROSMANE

Obéis, et ne réplique pas.

Vole, et ne trahis point la volonté suprême D'un Soudan qui commande et d'un ami qui t'aime ; Va, ne perds point de temps, sors, obéis....

(A Néreslan.)

Et toi, Guerrier infortuné, mais moins encor que moi, Quitte ces lieux sanglants; remporte en ta patrie Cet objet que ma rage a privé de la vie. Ton roi, tous tes chrétiens, apprenant tes malheurs, N'en parleront jamais sans répandre des pleurs. Mais, si la vérité par toi se fait connaître, En détestant mon crime, on me plaindra peut-être. Porte aux tiens ce poignard, que mon bras égaré A plongé dans un sein qui dut m'ètre sacré; Dis-leur que j'ai donné la mort la plus affreuse A la plus digne femme, à la plus vertueuse, Dont le ciel ait formé les innocents appas; Dis-leur qu'à ses genoux j'avais mis mes États; Dis-leur que dans son sang cette main s'est plongée ; Dis que je l'adorais, et que je l'ai vengée.

{Aux siens.) [Il se tue.)

Respectez ce héros, et conduisez ses pas.

NÉRESTAN

Guide-moi, Dieu puissant! Je ne me connais pas. Faut-il qu'à t'admirer ta fureur me contraigne, Et que dans mon malheur ce soit moi qui te plaigne !

fin de Zaïre.

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VF. \ DOME

Jevous dois ma colère, et sachez qu'elle coale fous Le s emportements de mon amour fatale.

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