‹ Théâtre completChapitre 253 sur 1720 · scène m · texte numérisé non relu

scène m

VENDOME, l'officier des gardes.

VENDÔME

Que l'on sauve Nemours :

Portez mon ordre, allez; répondez de ses jours.

l'officier.

Hélas! seigneur, j'ai vu, non loin de cette porte, Un corps souillé de sang, qu'en secret on emporte; C'est Coucy qui l'ordonne, et je crains que le sort...

(On entend le canon.) Quoi ! déjà!... Dieu, qu'entends-je ? Ah! ciel! mon

[frère est mort.

Il est mort et je vis ! Et la terre entrouverte, Et la foudre en éclats n'ont point vengé sa perte ! Ennemi de l'État, factieux, inhumain, Frère dénaturé, ravisseur, assassin, Voilà quel est Vendôme ! Ah ! vérité funeste ! Je vois ce que je suis et ce que je déteste ! Le voile est déchiré, je m'étais mal connu. Au comble des forfaits je suis donc parvenu ! Ah ! Nemours ! ah ! mon frère ! ah ! jour de ma ruine ! Je sens que je t'aimais, et mon bras t'assassine, Mon frère !

l'officier.

Adélaïde, avec empressement, Veut, seigneur, en secret vous parler un moment.

VENDÔME

Chers amis, empêchez que la cruelle avance; Je ne puis soutenir ni souffrir sa présence. Mais non. D'un parricide elle doit se venger; Dans mon coupable sang sa main doit se plonger;

[qu'à peine.

Qu'elle entre... Ah! je succombe et ne vis plus

Page 1