‹ Théâtre completChapitre 262 sur 1720 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LE DUC, LISOIS

LISOIS

Seigneur, songez-vous bien que de cette journée Peut-être de L'État dépend la destinée ?

LE DUC

Oui, vous me verrez vaincre, ou mourir son époux.

LISOIS

L'ennemi s'avançait et n'est pas loin de nous.

le duc. [tre.

Je l'attends sans le craindre et je vais le corobat- Crois-tu que ma faiblesse ait pu jamais m'abattre? Penses-tu que l'amour, mon tyran, mon vainqueur, De la gloire en mon âme ait étouffé l'ardeur ? Si l'ingrate me hait, je veux qu'elle m'admire ; Elle a sur moi sans doute un souverain empire, Et n'en a point assez pour flétrir ma vertu. Ah! trop sévère ami, que me reproches-tu? Non, ne me juge point avec tant d'injustice. Est-il quelque Français que l'amour avilisse? Amants aimés, heureux, ils vont tous aux combats, Et du sein du bonheur ils volent au trépas. Je mourrai digne au moins de l'ingrate que j'aime.

LISOIS

Que mon prince plutôt soit digne de lui-même! Le salut de l'État m'occupait en ce jour; Je vous parle du vôtre et vous parlez d'amour! Seigneur, des ennemis j'ai visité l'armée : Déjà de tous côtés la nouvelle est semée Que Vamir votre frère est armé contre nous. Je sais que dès longtemps il s'éloigna de vou>. Vamir ne m'est connu que par la renommée: Mais si, par le devoir, par la gloire animée, Son àme écoule encor ces premiers sentiments Qui rattachaient à vous dans la fleur de vos ans. Il peut vous ménager une paix nécessaire; Et mes soins...

Moi, devoir quelque chose à mon frère !

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