SCÈNE II
LISOIS; VAMIR, ÉMAR, dans le fond du théâtre.
LISOIS
Je me trompe ou je vois ce captif qu'on amène : Un des siens l'accompagne ; il se soutient à peine. Il paraît accablé d'un désespoir affreux.
VAMIR.
Où suis-je? où vais-je? ô ciel!
LISOIS
Chevalier généreux, Vous êtes dans des murs où l'on chérit la gloire, Où l'on n'abuse point d'une faible victoire, Où l'on sait respecter de braves ennemis : C'est en de nobles mains que le sort vous a mis. Ne puis-je vous connaître? et faut-il qu'on ignore De quel grand prisonnier le duc de Foix s'honore?
Je suis un malheureux, le jouet des destins, [mains. Dont la moindre infortune est d'être entre vos Souffrez qu'au souverain de ce séjour funeste Je puisse au moins cacher un sort que je déteste : Me faut-il des témoins encor de mes douleurs? On apprendra trop tôt mon nom et mes malheurs.
LISOIS
Je ne vous presse point, seigneur, je me retire; Je respecte un chagrin dont votre cœur soupire. Croyez que vous pourrez retrouver parmi nous Un destin plus heureux et plus digne de vous.