‹ Théâtre completChapitre 278 sur 1720 · SCÈNE Vil · texte numérisé non relu

SCÈNE Vil

VAMIR, LISOIS.

LISOIS

Le scriez-vous, seigneur? auriez-vous démenti Le sang de ces héros dont vous êtes sorti? Auriez-vous violé, par cette lâche injure, Et les droits de la guerre, et ceux de la nature? Un prince à cet excès pourrait-il s'oublier?

VAMIR.

Non; mais suis-je réduit à me justifier?

Lisois, ce peuple est juste ; il t'apprend à connaître

Que mon frère est rebelle et qu'il trahit son maître.

LISOIS

Écoutez : ce serait le comble de mes vœux De pouvoir aujourd'hui vous réunir tous deux. Je vois avec regret la France désolée, A nos dissensions la nature immolée, Sur nos communs débris l'Africain élevé, Menaçant cet État par nous-même énervé.

Si vous avez un cœur digne de votre race, Faites au bien public servir votre disgrâce ; Rapprochez les partis, unissez-vous à moi Pour calmer votre frère et fléchir votre roi, Pour éteindre le feu de nos guerres civiles.

Ne vous en flattez pas; vos soins sont inutiles. Si la discorde seule avait armé mon bras, Si la guerre et la haine avait conduit mes pas, Vous pourriez espérer de réunir deux frères, L'un de l'autre écartés dans des partis contraires : Un obstacle plus grand s'oppose à ce retour.

LISOIS

Et quel est-il, seigneur?

VAMIR.

Ah ! reconnais l'amour; Reconnais la fureur qui de nous deux s'empare, Qui m'a fait téméraire et qui le rend barbare.

LISOIS

Ciel ! faut-il voir ainsi, par des caprices vains,

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