LE DUC DE F01X, ACTE IV, SCÈNE II
Anéantir le fruit des plus nobles desseins? L'amour subjuguer tout? ses cruelles faiblesses Du sang qui se révolte étouffer les tendresses? Des frères se haïr, et naitre en tous climats Des passions des grands le malheur des États? Prince, de vos amours laissons là le mystère. Je vous plains tous les deux, mais je sers votre Je vais le seconder, je vais me joindre à lui [frère; Contre un peuple insolent qui se fait votre appui. Le plus pressant danger est celui qui m'appelle ; Je vois qu'il peut avoir une fin bien cruelle : Je vois les passions plus puissantes que moi, Et l'amour seul ici me fait frémir d'effroi. Je lui dois mon secours; je vous laisse et j'y vole. Soyez mon prisonnier, mais sur votre parole; Elle me suffira.
VAMIR.
Je vous la donne.
LISOIS
Et moi, Je voudrais de ce pas porter la sienne au roi ; Je voudrais cimenter, dans l'ardeur de lui plaire, Du sang de nos tyrans une union si chère. Mais ces fiers ennemis sont bien moins dangereux Que ce fatal amour qui vous perdra tous deux.