‹ Théâtre completChapitre 288 sur 1720 · LE DUC, AMÉLIE, LISOIS · texte numérisé non relu

LE DUC, AMÉLIE, LISOIS

LISOIS

Ah ciel! que faites-vous?

le DUC. {On le désarme.) Laissez-moi me punir et me rendre justice.

AMÉLIE, à Lisois.

Vous, d'un assassinat vous êtes le complice?

LE DUC

Ministre de monr crime, as-tu pu m'obéir?

LISOIS

Je vous avais promis, seigneur, de vous servit-.

LE DUC

Malheureux que je suis! ta sévère rudesse A cent fois de mes sens combattu la faiblesse : Ne devais-tu te rendre à mes tristes souhaits Que quand ma passion t'ordonnait des forfaits? Tu ne m'as obéi que pour perdre mon frère!

LISOIS

Lorsque j'ai refusé ce sanglant ministère, Votre aveugle courroux n'allait-il pas soudain Du soin de vous venger charger une autre main ? le duc. [tre,

L'amour, le seul amour, de mes sens toujours maî- En m otant ma raison, m'eut excusé peut-être : Mais toi, dont la sagesse et les réflexions Ont calmé dans ton sein toutes les passions. Toi, dont j'avais tant craint l'esprit ferme et ri- Avec tranquillité permettre un parricide! [gide,

LISOIS

Eh bien ! puisque la honte avec le repentir, Par qui la vertu parle à qui peut la trahir, D'un si juste remords ont pénétré votre âme; Puisque, malgré l'excès de votre aveugle flamme, Au prix de votre sang vous voudriez sauver Le sang dont vos fureurs ont voulu vous priver; Je puis donc m'expliquer; je puis donc vous apprendre Que de vous-même enfin Lisois sait vous défendre. Connaissez-moi, madame, et calmez vos douleurs. (Au duc.) (A Amélie.) [pleurs.

Vous, gardez vos remords; et vous, séchez vos Que ce jour à tous trois soit un jour salutaire. Venez, paraissez, prince, embrassez votre frère! (Le théâtre s'ouvre, Vamir paraît.)

Page 1