‹ Théâtre completChapitre 363 sur 1720 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ZULIME, ATIDE.

ZULIME

Ah ! je succombe, Atide ; et ce cœur désolé Ne soutient plus le poids dont il est accablé. Vous voyez ce que j'aime et ce que je redoute ; Une patrie, un père ; Atide ! ah ! qu'il en coûte! Que de retours sur moi ! que de tristes efforts ! Je n'ai dans mon amour senti que des remords. D'un père infortuné vous concevez l'injure; Il est affreux pour moi d'offenser la nature : Mais Ramire expirait, vous étiez en danger. Est-ce un crime, après tout, que de vous protéger? Je dois tout à Ramire ; il a sauvé ma vie. A ce départ enfin vous m'avez enhardie : Vos périls, vos vertus, vos amis malheureux, Tant de motifs puissants et l'amour avec eux, L'amour qui me conduit; hélas ! si l'on m'accuse, Voilà tous mes forfaits : mais voilà mon excuse. Je tremble cependant ; de pleurs toujours noyés, De l'abîme où je suis mes yeux sont effrayés.

Hélas ! Ramire et moi nous vous devons la vie ; Vous rendez un héros, un prince à sa patrie ; Le ciel peut-il haïr un soin si généreux? Arrachez votre amant à ces bords dangereux. Ma vie est peu de chose et je ne suis encore [re. Qu'une esclave tremblante en des lieux quej'abhor- Quoique d'assez grands rois mes aïeux soient issus, Tout ce que vous quittez est encore au-dessus. J'étais votre captive et vous ma protectrice; Je ne pouvais prétendre à ce grand sacrifice r Mais Ramire ! un héros du ciel abandonné, Lui qui, de Bénassar esclave infortuné, A prodigué son sang pour Bénassar lui-même ;

Enfin, que vous aimez

zulime:.

Atide, si je l'aime!

C'est toi qui découvris, dans mes esprits troublés, De mon secret penchant les traits mal démêlés ; C'est toi qui les nourris, chère Atide; et peut-être En me parlant de lui c'est toi qui les fis naître : C'est toi qui commenças mon téméraire amour ; Ramire a fait le reste en me sauvant le jour.

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