‹ Théâtre completChapitre 405 sur 1720 · ZOPIRE, PALMIRE · texte numérisé non relu

ZOPIRE, PALMIRE

ZOPIRE

Jeune et charmant objet dont le sort de la guerre, Propice à ma vieillesse, honora cette terre, Vous n'êtes point tombée en de barbares mains; Tout respecte avec moi vos malheureux destins, Votre âge, vos beautés, votre aimable innocence. Parlez ; et s'il me reste encor quelque puissance, De vos justes désirs si je remplis les vœux, Ces derniers de mes jours seront des jours heureux. palmire. [nière,

Seigneur, depuis deux mois sous vos lois prison- Je dus à mes destins pardonner ma misère ; Vos généreuses mains s'empressent d'effacer Les larmes que le ciel me condamne à verser. Par vous, par vos bienfaits, à parler enhardie, C'est de vous que j'attends le bonheur de ma vie. Aux vœux de Mahomet j'ose ajouter les miens : il vous a demandé de briser mes liens; Puissiez-vous l'écouter ! et puissé-je lui dire Qu'après le ciel et lui je dois tout à Zopire!

ZOPIRE

Ainsi de Mahomet vous regrettez les fers,

Ce tumulte des camps, ces horreurs des déserts,

Cette patrie errante au trouble abandonnée?

palmire.

La patrie est aux lieux où Pâme est enchaînée. Mahomet a formé mes premiers sentiments, Et ses femmes en paix guidaient mes faibles ans. Leur demeure est un temple où ces femmes sacrées Lèvent au ciel des mains de leur maître adorées. Le jour de mon malheur, hélas ! fut le seul jour Où le sort des combats a troublé leur séjour : Seigneur, ayez pitié d'une âme déchirée, Toujours présente aux lieux dont je suis séparée.

ZOPIRE

J'entends : vous espérez partager quelque jour De ce maître orgueilleux et la main et l'amour.

palmire.

Seigneur, je le révère, et mon âme tremblante Croit voir dans Mahomet un Dieu qui m'épouvante. Non, d'un si grand hymen mon cœur n'est point Tant d'éclat convient mal à tant d'obscurité, [flatté ;

ZOPIRE

Ah! qui que vous soyez, il n'est point né peitt-étre Pour être votre époux, encor moins votre maître; Et vous sernblez d'un sang fait pour donner des lois A l'Arabe insolent qui marche égal aux rois.

palmire. [sauce*

Nous ne connaissons point l'orgueil de la nais- Sans parents, sans patrie, esclaves dès Penfance, Dans notre égalité nous chérissons nos fers; Tout nous est étranger, hors le diçu que je sers.

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