ZOPIRE, SÉIDE, PALMIRE, PHAAOR
PHANOR
Ciel ! quels affreux objets se présentent à moi !
ZOPIRE
Si je voyais Hercide!... Ah! Phanor, est-ce toi? Voilà mon assassin.
PHANOR
0 crime! affreux mystère !
Assassin malheureux, connaissez votre père !
SÉIDE
Uni?
Lui ?
SÉIDE
Mon père?
ZOPIRE
0 ciel !
PHANOR
Hercide est expiraut :
Il me voit, il m'appelle, il s'écrie en mourant :
« S'il en est encor lemps, préviens un parricide ; Cours arracher ce fer à la main de Séide. Malheureux confident d'un horrible secret, Je suis puni, je meurs des mains de Mahomet : Cours, hàte-toi d'apprendre au malheureux Zopirc Que Séide est son fils et frère de Palmire. »
SÉIDE
Vous !
PALMIRE
Mon frère?
ZOPIRE
Ornes fils! ô nature! ô mes dieux!
Vous ne me Irompiez pas quand vous parliez pour
[eux.
Vous m'éclairiez sans doute. Ah ! malheureux Séide ! Qui t'a pu commander cet affreux homicide?
séide, se jetant à genoux.
L'amour de mon devoir et de ma nation, Et ma reconnaissance, et ma religion; Tout ce ([Lie les humains ont de plus respectable M'inspira des forfaits le plus abominable. Rendez, rendez ce fer à ma barbare main.
PALMIRE, à genoux, arrêtant le bras de Séide. Ali! mon père ! ah ! seigneur! plongez-le dans mon J'ai seule à ce grand crime encouragé Séide ; [sein. L'inceste élail pour nous le prix du parricide.
SÉIDE
Le ciel n'a point pour nous d'assez grands chàli-
Frappez xos assassins. [ments.
ZOPIRE, en les embrassant .
J'embrasse mes enfants.
Le ciel voulut mêler, dans les maux qu'il m'envoie, Le comble des horreurs au comble de la joie. Je bénis mon destin: je meurs, mais vous vivez. O vous, qu'en expirant mon cœur a retrouvés, Séide, et vous, Palmire, au nom de la nature, Par ce reste de sang- qui sort de ma blessure, Par ce sang paternel, par vous, par mon trépas, Vengez-vous, x engez-moi ; mais ne vous perdez pas. L'heure approche, mon fils, où la trêve rompue Laissait à mes desseins une libre étendue : Les dieux de tant de maux ont pris quelque pitié; Le crime de tes mains n'est commis qu'à moitié. Le peuple avec le jour en ces lieux va paraître; Mon sang va les conduire; ils vont punir un traître. Attendons ces moments.
SÉIDE
Ah ! je cours de ce pas Vous immoler ce monstre cl hâter mon trépas; Me punir, nous xenger.