ACTE IV, SCENE IV
Tout le parti d'Assur, frappé d'un saint respect, Tombe à la voix des dieux et tremble à mon aspect : Ninus veut une offrande, il en est plus propice ; Pour hâter mon bonheur, hâtez ce sacrifice. Tous les cœurs sont à nous, tout le peuple applaudit . Vous régnez, je vous aime; Assur en vain frémit.
ARZACE, hors de lui.
Assur! allons.... il faut dans le sang du perfide.... Dans cet infâme sang lavons son parricide, Allons venger Ninus....
sémiramis.
Qu'entends-je? juste ciel!
Ninus !
ARZACE, d'un air égaré.
Vous m'avez dit que son bras criminel (Revenant à lui.) Avait.... que l'insolent s'arme contre sa reine; Eh! n'est-ce pas assez pour mériter ma haine?
SÉMIRAMIS
Commencez la vengeance en recevant ma foi.
ARZACE.
Mon père !
SÉMIRAMIS
Ah! quels regards vos yeux lancent sur moi! Arzace, est-ce donc là ce cœur soumis et tendre Qu'en vous donnant ma main j'ai cru devoir at- Je ne m'étonne point que ce prodige affreux, [tendre? Que les morts, déchaînés du séjour ténébreux, De la terreur en vous laissent encor la trace ; Mais j'en suis moins troublée en revoyant Arzace. Ah ! ne répandez pas cette funeste nuit Sur ces premiers moments du beau jour qui me Soyez tel qu'à mespieds je vous ai vu paraître, [luit. Lorsque vous redoutiez d'avoir Assur pour maître. Ne craignez point Ninus et son ombre en cour- Arzace,mon appui, mon secours, mon époux; [roux. Cher prince...
ARZACE, se détournant.
C'en est trop : le crime m'environne... Arrêtez.
SÉMIRAMIS
A quel trouble, hélas ! il s'abandonne, Quand lui seul à la paix a pu me rappeler !
ARZACE.
Sémiramis...
SÉMIRAMIS
Eli bien ?
ARZACE.
Je ne puis lui parler.
Fuyez-moi pour jamais ou m'arrachez la vie.
sémiramis. [je vous fuie?
SÉMIRAMIS
On n'attend plus que vous; venez, maître du monde :
Son sort, comme le mien, sur mon hymen se fonde.
Je vois avec transport ce signe révéré,
Qu'a mis sur votre front un pontife inspiré;
Ce sacré diadème, assuré témoignage
Que l'enfer et le ciel confirment mon suffrage.
Quels transports ! quels discours ! qui? moi! que Éclaircissez ce trouble insupportable, affreux, Qui passe dans mon âme et fait deux malheureux. Les traits du désespoir sont sur votre visage ; De moment en moment vous glacez mon courage, Et vos yeux alarmés me causent plus d'effroi Que le ciel et les morts soulevés contre moi. Je tremble en vous offrant ce sacré diadème ;