‹ Théâtre completChapitre 576 sur 1720 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

ELECTRE, IPHISE, PAMMÈNE.

ELECTRE

Ah ! Pammène, où trouver mon frère, mon vengeur? Pourquoi ne vient-il pas?

PAMMÈNE.

Ce moment de terreur Est destiné, madame, à ce grand sacrifice

Que la cendre d'un père attend de sa justice : Tel est l'ordre qu'il suit. Cette tombe est l'autel Où sa main doit verser le sang du criminel. Daignez l'attendre ici, tandis qu'il venge un père. Ce devoir redoutable est juste et nécessaire; Mais ce spectacle horrible aurait souillé vos yeux. Vous connaissez les lois qu'Argos tient de ses dieux : Elles ne souffrent point que vos mains innocentes Avant le temps prescrit pressent ses mains sanglan-

iphise. [tes.

Mais que fait Clytemnestre en ces moments d'hor- Voyons-la. [reur ?

PAMMÈNE.

Clytemnestre, en proie à sa fureur, De son indigne époux défend encor la vie; Elle oppose à son fils une main trop hardie.

ELECTRE

Elle défend Égisthe... elle de qui le bras

A sur Agamemnon... Dieux, ne le souffrez pas!

PAMMÈNE.

On dit que dans ce trouble on voit les Euménides Sourdes à la prière, et de meurtres avides, Ministres des arrêts prononcés par le sort, Marcher autour d'Oreste, en appelant la mort.

IPHISE.

Jour terrible et sanglant, rsoyez un jour de grâce;

Terminez les malheurs attachés à ma race.

Ah, ma sœur! ah, Pylade! entendez-vous ces cris?

C'est ma mère !

PAMMÈNE.

Elle-même.

CLYTEMNESTRE, derrière la scène.

Arrête !

IPHISE.

Ciel!

CLYTEMNESTRE, derrière la scène.

Mon fils.

ELECTRE

Il frappe Égisthe. Achève et sois inexorable; [ble; Venge-nous, venge-la: tranche un nœud si coupa- Immole entre ses bras cet infâme assassin; Frappe, dis-je.

CLYTEMNESTRE

Mon fils !... j'expire de ta main,

PYLADE

O destinée !

IPHISE.

0 crime.

ELECTRE

Ah ! trop malheureux frère !

Quei forfait a puni les forfaits de ma mère! Jour à jamais affreux !

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