ORESTE, ACTE V, SCÈNE IX
Je vous suis aux enfers, éternelles victimes; Je dispute avec vous de tourments et de crimes.
ELECTRE
Qu'avez-vous fait, cruel?
ORESTE
Elle a voulu sauver...
Et les frappant tous deux... Je ne puis achever.
ELECTRE
Quoi! de la main d'un fils? quoi ! par ce coup fu- Vous?... [neste,
ORESTE
Non, ce n'est pas moi ; non, ce n'est point Oreste : Un pouvoir effroyable a seul conduit mes coups. Exécrable instrument d'un éternel courroux, Banni de mon pays par le meurtre d'un père, Banni du inonde entier par celui de ma mère, Patrie, États, parents que je remplis d'effroi, Innocence, amitié, tout est perdu pour moi!
Soleil, qu'épouvanta cette affreuse contrée, Soleil, qui reculas pour le festin d'Atrée. Tu luis encorpour moi! tu luis pour ces climats! Dans l'éternelle nuit tu ne nous plonges pas ! Dieux, tyrans éternels, puissance impitoyable, Dieux qui me punissez, qui m'avez fait coupable ! Eh bien! quel est Texil que vous me destinez? Quel est le nouveau crime où vous me condamnez? Parlez... Vous prononcez le nom de la Tauride : J'y cours, j'y vais trouver la prêtresse homicide, Qui n'offre que du sang à des dieux en courroux, A des dieux moins cruels, moins barbares que vous.
ELECTRE
Demeurez : conjurez leur justice et leur haine.
PYLAUE.
Je te suivrai partout où leur fureur t'entraîne. Que l'amitié triomphe, en ce jour odieux, [dieux. Des malheurs des mortels et du courroux des