‹ Théâtre completChapitre 669 sur 1720 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

ARGIRE, ORBASSAN, AMÉNAÏDE.

ARGIRE.

Le bien de cet État, les voix de Syracuse, Votre père, le ciel, vous donnent un époux ; Leurs ordres réunis ne souffrent point d'excuse. Ce noble chevalier, qui se rejoint à moi, Aujourd'hui par ma bouche a reçu votre foi. Vous connaissez son nom, son rang, sa renommée :

ARGIRE.

Vous semblez interdite, et vos yeux pleins d'effroi, De larmes obscurcis, se détournent de moi. .Vos soupirs étouffés semblent me faire injure : La bouche obéit mal lorsque le cœur murmure.

AMÉNAÏDE

Seigneur, je l'avouerai, je ne m'attendais pas Qu'après tant de malheurs et de si longs débats, Le parti d'Orbassan dût être un jour le vôtre; Que mes tremblantes mainsuniraient l'un et l'autre. Et que votre ennemi dût passer dans mes bras. Je n'oublierai jamais que la guerre civile Dans vos propres foyers vous priva d'un asile ; Que ma mère, à regret évitant le danger, Chercha loin de nos murs un rivage étranger ; Que des bras paternels avec elle arrachée, A ses tristes destins dans Byzance attachée, J'ai partagé longtemps les maux qu'elle a soufferts. Au sortir du berceau j'ai connu les revers : J'appris sous une mère, abandonnée, errante, A supporter l'exil et le sort des proscrits,

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