scène vu
AUG1UE, sur le devant; AMÉNAIDE, au fond, à qui Von a Ole les fers.
ÀMÉNÂÏDE, revenant à elle.
Ciel! que deviendra-t-il? Si l'on sait sa naissance Il est perdu.
ARGIRE.
Ma fille...
AMENAÏDE, appuyée sur l'unie^ et se retournant vers son
père.
Ah! que me voulez-vous?
Vous m'avez condamnée.
ARGIRE.
0 destins en courroux !
Voulez-vous, o mon Dieu, qui prenez sa défense, Ou pardonner sa faute ou venger l'innocence? Quels bienfaits à mes yeux daignez-vous accorder? Est-ce justice ou grâce? Ah ! je tremble et j'espère. Qu'as-tu fait? et comment dois-je te regarder? Avec quels yeux, hélas!
AMENAÏDE.
Avec les yeux d'un père.
Votre fille est encore au bord de son tombeau. Je ne sais si le ciel me sera favorable : Rien n'est changé, je suis encor sous le couteau. Tremblez moins pour ma gloire, elle est inaltérable. Mais si vous êtes père, ôtez-moi de ces lieux; Dérobez votre fille , accablée, expirante, A tout cet appareil, à la foule insultante Qui sur mon infortune arrête ici ses yeux, Observe mes affronts, et contemple des larmes Dont la cause est si belle... et qu'on ne connaît pas.
ARGIRE.
Vielle; mes tremblantes mains rassureront tes pas. Ciel! de son défenseur favorisez les armes, Ou d'un malheureux père avancez le trépas.