SCÈNE I
TANCREDE, LORÉDAN, chevaliers.
[Marche guerrière : on porte les armes de Tancrèdc devant
lui.)
LORÉDAX.
Seigneur, voire victoire est illustre et fatale : Vous nous avez privés d'un brave chevalier, Dont le cœur à l'État se livrait tout entier, Et de qui la valeur fut à la vôtre égale; Ne pouvons-nous savoir votre nom, votre sort ?
TANCREDE, dans l'attitude d'un homme pensif et affligé. Orbassan ne l'a su qu'en recevant la mort ; Il emporte au tombeau mon secret et ma haine. De mon sort malheureux ne soyez point en peine; Si je puis vous servir, qu'importe qui je sois?
LOREDAX.
Demeurez ignoré, puisque vous voulez l'être; Mais que votre vertu se fasse ici connaître Par un courage utile et de dignes exploits. Les drapeaux du croissant dans nos champs vont
[paraître :
Défendez avec nous notre culte et nos lois; Voyez dans Solamir un plu^ grand adversaire :