OLYMPIE, ACTE II, SCÈNE II
HERMAS
Mais il comptait sur vous. Les titres les plus saints Ne pourront-ils jamais unir les souverains? L'alliance, les dons, la fraternité d'armes, Vos périls partagés, vos communes alarmes, Vos serments redoublés, tant de soins,tant de vœux, N'auraient-ils donc servi qu'au malheur de tous
[deux ?
De la sainte amitié n'est-il donc plus d'exemples?
ANTIGONE
L'amitié, je le sais, dans la Grèce a des temples; L'intérêt n'en a point, mais il est adoré. D'ambition, sans doute, et d'amour enivré, Cassandre m'a trompé sur le sort d'Olympie : De mes yeux éclairés Cassandre se défie ; Il n'a que trop raison. Va, peut-être aujourd'hui L'objet de tant de vœux n'est pas encore à lui.
HERMAS
Il a reçu sa main.... Cette enceinte sacrée Voit déjà de l'hymen la pompe préparée ; (Les initiés, les prêtres et les prêtresses traversent le fond
de la scène, ayant des palmes ornées de fleurs dans les
mains.) Tous les initiés, de leurs prêtres suivis, Les palmes dans les mains, inondent ces parvis, Et l'amour le plus tendre en ordonne la fête.
ANTIGONE
Non, te dis-je ; on pourra lui ravir sa conquête... Viens, je confierai tout à ton zèle, à ta foi ; J'aurai les lois, les dieux et les peuples pour moi. Fuyons pour un moment ces pompes qui m'ou-
[tragent.
Entrons dans la carrière où mes desseins m'en- Arrosons, s'il le faut, ces asiles si saints, [gagent. Moins du sang des taureaux que du sang des hu-
[mains.