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OLYMPIE, ACTE IV, SCÈNE V

Ciel ! tu me pardonnais. Plus tranquille et plus pu- Mon âme à cet espoir osait s'abandonner ; [re, Tu m'ôtes Olympie, est-ce là pardonner?

SOSTÈNE.

Il ne vous l'ôte point : ce cœur docile et tendre, Si soumis à vos lois,, si content de se rendre, Ne peut jusqu'à l'oubli passer en un moment. Le cœur ne connaît point un si prompt changement. Elle peut vous aimer sans trahir la nature. Vos coups dans les combats portés à l'aventure Ont versé, je l'avoue, un sang bien précieux : C'est un malheur pour vous que permirent les dieux- Vous n'avez point trempé dans la mort de son pè- Vos pleurs ont effacé tout le sang de sa mère; [re ; Ses malheurs sont passés, vos bienfaits sont précassandre. [sents.

Vainement cette idée apaise mes tourments. Ce sang de Statira, ces mânes d'Alexandre, D'une voix trop terrible ici se font entendre. Sostène, elle est leur fille, elle a le droit affreux De haïr sans retour un époux malheureux. Je sens qu'elle m'abhorre, et moi je la préfère Au trône de Cyrus, au trône de la terre. Ces expiations, ces mystères cachés, Indifférents aux rois et par moi recherchés, Elle en était l'objet; mon âme criminelle Ne s'approchait des dieux que pour s'approcher SOSTÈNE, apercevant Olympie. [d'elle.

Hélas! la voyez- vous en proie à ses douleurs? Elle embrasse un autel et le baigne de pleurs.

CASSANDRE

Au temple, à cet autel, il est temps qu'on l'enlève. Va, cours, que tout soit prêt.

{Sostène sort.)

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