LE TRIUMVIRAT , ACTE I , SCÈNE III
Voilà donc les ressorts du destin de l'empire, Ces grands secrets d'État, que l'ignorance admire! Ils étonnent de loin les vulgaires esprits, Ils inspirent de près l'horreur et le inépris.
ALBINE
Que de bassesse, o ciel! et que de tyrannie! Quoi! les maîtres du monde en sont l'ignominie! Je vous plains : je pensais que Lépide aujourd'hui Contre ces deux ingrats vous servirait d'appui. Vous imites vous-même Antoine avec Lépide.
FULVIE
A peine est-il compté dans leur troupe homicide. Subalterne tyran, pontife méprisé, De son faible génie ils ont trop abusé. Instrument odieux de leurs sanglants caprices/ C'est un vil scélérat soumis à ses complices; Il signe leurs décrets sans être consulté, Et pense agir encore avec autorité. [restent,
Mais si, dans mes chagrins quelques douceurs me C'est que mes deux tyrans en secret se détestent. Cet hymen d'Octavie et ses faibles appas Éloignent la rupture et ne l'empêchent pas. Us se connaissent trop; ils se rendent justice. In jour je les verrai préparant leur supplice, Allumer la discorde avec plus de fureur Que leur fausse amitié n'étale ici d'horreur.