SCÈNE V
FULVIE, JULIE, ALBINE, un tribun.
LE TRIBUN, à Fulvie,
Madame, une étrangère est ici près de vous.
De leur autorité les triumvirs jaloux
De l'île à tout mortel ont défendu l'entrée.
JULIE
Ah! j'atteste la foi que vous m'avez jurée !
LE TRIBUN
Je la dois amener devant leur tribunal.
FULVIE, ù. Julie.
Gardez-vous d'obéir à cet ordre fatal.
JULIE
Avilirais-je ainsi l'honneur de mes ancêtres? Soldats des triumvirs, allez dire à vos maîtres Que Julie, entraînée en ce séjour affreux, Attend, pour en sortir, des secours généreux; Que partout je suislibre, etqu'ils peuvent connaître Ce qu'on doit de respect au sang qui m'a fait naître, A mon rang, à mon sexe, à l'hospitalité, Aux droits des nations et de l'humanité. Conduisez-moi chez vous, magnanime Fulvie.
FULVIE
Votre noble fierté ne s'est point démentie; Elle augmente la mienne , et ce n'est pas en vain Que le sort vous conduit sur ce bord inhumain. Puissé-je en mes desseins ne m'ètre point trompée !
JULIE
0 dieux! prenez ma vie et veillez sur Pompée!
Dieux! si vtfus me livrez à mes persécuteurs, Armez-moi d'un courage égal à leurs fureurs.