TRIBUNS, LICTEURS
ANTOINE
Tribuns, exécutez ma loi :
Gardez cette coupable et répondez-moi d'elle; Suivez de ses complots la trame criminelle, Qu'on l'observe et surtout que nous soyons instruit s Des complices secrets par son ordre introduits.
FULVIE
Je n'ai point de complice , et ces noms méprisables Sont faits pour vos suivants, sont faits pour vos
[semblables ; Pour ces Romains nouveaux, qui, formés pour Se sont déshonorés jusqu'à vous obéir. [servir, Traîtres, ne cherchez point la main qui vous mena- La voici : vous deviez connaître mon audace, [ce; L'art des proscriptions, que j'apprenais sous vous, M'enseignait à vous perdre et dirigeait mes coups. Je n'ai pu sur vous deux assouvir ma vengeance ; Je l'attends de vous seuls et de votre alliance; Je l'attends des forfaits qui vous ont faits amis. Ils vont vous diviser comme ils vous ont unis : Il n'est point d'amitiés entre les parricides. L'un de l'autre jaloux, l'un vers l'autre perfides, Vous détestant tous deux, du monde détestés, Traînant de mers en mers vos infidélités, L'un par l'autre écrasés, et bourreaux et victimes, Puissent vos maux sans nombre être égaux à vos Citoyens révoltés, prétendus souverains, [crimes ! Qui vous faites un jeu du malheur des humains, Qui, passant du carnage aux bras de la mollesse, Du meurtre et du plaisir goûtez en paix l'ivresse, Mon nom deviendra cher aux siècles à venir Pour avoir seulement tenté de vous punir.
Qu'on la remène; allez.