SCÈNE IV
OCTAVE, ANTOINE, JULIE, un tribun, gardes.
ANTOINE
Eh bien ! qu'avez-vous fait ?
LE TRIBUN
On conduit la victime,
JULIE
Quelle victime, ô ciel !
OCTAVE
Quel est ce malheureux?
Où l'a-t-on retrouvé?
LE TRIBUN
Vers ces antres affreux, Au milieu des rochers qu'a frappés le tonnerre ; Du sang de nos soldats il a rougi la terre. Aufîde, de Fulvie un secret confident, A coté de ce traître est mort en combattant; Il n'a cédé qu'à peine au nombre, à ses blessures. Nos soins multipliés dans ces roches obscures Ont du sang qu'il perdait arrêté les torrents, Et rappelé la vie en ses membres sanglants. On a besoin qu'il vive, et que dans les supplices Il vous instruise au moins du nom de ses complices.
Antoine. [sard,
C'est quelqu'un des proscrits, qui, frappant au ha- Nous rapportait la mort aux lieux dont elle part. On l'aura pu choisir dans une foule obscure. Casca fit à César la première blessure. Je reconnais Fulvie et ses vaines fureurs, Qui toujours contre nous armeront des vengeurs; Mais je la forcerai de nommer ce perfide.
LE TRIBUN
Il n'en est pas besoin ; sa fureur intrépide De ce grand attentat se fait encore honneur : Il n'en cachera pas le motif et l'auteur.
OCTAVE
Vous pâlissez, Julie !
LE TRIBUN
Il vient.
JULIE
Ciel implacable, Vous nous abandonnez !