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LE TRIUMVIRAT, ACTE V, SCENE V

Des proscrits échappés à nos ordres funestes; Par les cris des humains laissons-nous désarmer; Et puisse Rome un jour apprendre à nous aimer !

(A Julie.) Je vous rends à Pompée, en lui rendant la vie; Il n'aurait rien reçu s'il vivait sans Julie.

(A Pompée.) Sois pour ou contre nous, brave ou subis nos lois, Sans te craindre ou t'aimer je t'en laisse le choix. Soutenons à l'envi les grands noms de nos pères , Ou généreux amis, ou nobles adversaires. Si du peuple romain tu te crois le vengeur, Ne sois mon ennemi que dans 1 es champs d'honneur ; Loin du triumvirat va chercher un refuge.

Je prends entre nous deux la victoire pour juge. Ne versons plus de sang qu'au milieu des hasards; Je m'en remets aux dieux, ils sont pour les Césars.

JULIE

Octave, est-ce bien vous? est-il vrai?

pompée.

Tu m'étonnes!

En vain tu deviens grand , en vain tu me pard onnes ; Rome, l'État, mon nom, nous rendent ennemis. La haine qu'entre nous nos pères ont transmis Est par eux commandée et comme eux immortelle. Rome, par toi soumise, à son secours m'appelle. J'emploierai tes bienfaits, mais pour la délivrer : Va, je la dois servir, mais je dois t'admirer.

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