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LES SCYTHES, ACTE I, SCENE III

Mais dans ses entretiens j'ai souvent démêlé Que d'une cour ingrate il était exilé.

Il est persécuté : la vertu malheureuse Devient plus respectable et m'est plus précieuse ; Je vois avec plaisir que du sein des honneurs Il s'est soumis sans peine à nos lois, à nos mœurs, Quoiqu'il soit dans un âge où l'âme la plus pure Peut rarement changer le pli de la nature.

INDATÏRE.

Son adorable fille est encore au-dessus : De son sexe çt du nôtre elle unit les vertus; Courageuse et modeste, elle est belle et l'ignore. Sans doute elle est d'un rang que chez elle on honore; Son âme est noble au moins, car elle est sans orgueil, Simple dans ses discours, affable en son accueil ; Sans avilissement à tout elle s'abaisse, D'un père infortuné soulage la vieillesse, Le console, le sert, et craint d'apercevoir Qu'elle va quelquefois par delà son devoir. On la voit supporter la fatigue obstinée Pour laquelle on sent trop qu'elle n'était point née ; Elle brille surtout dans nos champêtres jeux, Nobles amusements d'un peuple belliqueux ; Elle est de nos beautés l'amour et le modèle; Le ciel la récompense en la rendant plus belle.

HERMODAN.

Oui, je la crois, mon fils, digne de tant d'amour : Mais d'où vient que son père, admis dans ce séjour, Plus formé qu'elle encore aux usages des Scythes, Adorateur des lois que nos mœurs ont prescrites, Notre ami, notre frère en nos cœurs adopté, Jamais de son destin n'a rien manifesté? Sur son rang, sur les siens, pourquoi se taire enco- Rougit-on déparier de ce qui nous honore? [re? Et puis-je abandonner ton cœur trop prévenu Au sang d'un étranger qui craint d'être connu?

INDATÏRE.

Quel qu'il soit, il est libre, il est juste, intrépide; Il m'aime, il est enfin le père d'Obéide.

HERMODAN.

Que je lui parle au moins,

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