‹ Théâtre completChapitre 793 sur 1720 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

HERMODAN, LNDATIRE, SOZAME.

INDATÏRE, allant à Sozame.

0 vieillard généreux!

0 cher concitoyen de nos pâtres heureux! Les Persans, en ce jour venus dans laScythie, Seront donc les témoins du saint nœud qui nous Je tiendrai de tes mains un don plus précieux [lie. Que le trône où Cyrus se crut égal aux dieux. J'en atteste les miens et le jour qui m'éclaire : Mon cœur se donne à toi comme il est à mon père ; Je te sers comme lui. Quoi! tu verses des pleurs!

SOZAME.

J'en verse de tendresse; et si, dans mes malheurs, Cette heureuse alliance, où mon bonheur se fonde,

Guérit d'un cœur flétr la blessure profonde, La cicatrice en reste; et les biens les plus chers Rappellent quelquefois les maux qu'on a soufferts.

INDATÏRE.

J'ignore tes chagrins ; ta vertu m'est connue : Qui peut donc l'affliger? ma candeur ingénue Mérite que ton cœur au mien daigne s'ouvrir,

HERMODAN.

A la tendre amitié tu peux tout découvrir; Tu le dois.

0 mon fils ! ô mon cher ïndatire !

Ma fille est, je le sais, soumise à mon empire ; Elle est l'unique bien que les dieux m'ont laissé. J'ai voulu cet hymen, je l'ai déjà pressé; Je ne la gêne point sous la loi paternelle ; Son choix ou son refus, tout doit dépendre d'elle. Que ton père aujourd'hui, pour former ce lien, Traite son digne sang comme je fais le mien; Et que la liberté de ta sage contrée Préside à l'union que j'ai tant désirée. Avec ce digne ami laisse-moi m'expliquer : Va, ma bouche jamais ne pourra révoquer L'arrêt qu'en ta faveur aura porté ma fille. Va, cher et noble espoir de ma triste famille, Mon fils, obtiens ses vœux; je te réponds des miens.

INDATÏRE.

J'embrasse tes genoux et je revole aux sieus.

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