SCÈNE III
HERMODAN, SOZAME.
SOZAME.
Ami, reposons-nous sur ce siège sauvage, Sous ce dais qu'ont formé la mousse et le feuillage. La nature nous l'offre, et je hais dès longtemps Ceux que l'art a tissus dans les palais des grands.
HERMODAN.
Tu fus donc grand en Perse?
SOZAME.
Il est vrai.
HERMODAN.
Ton silence M'a privé trop longtemps de cette confidence. Je ne hais point les grands; j'en ai vu quelquefois Qu'un désir curieux attira dans nos bois : J'aimai de ces Persans les mœurs nobles et fières. Je sais que les humains sont nés égaux et frères; Mais je n'ignore pas que l'on doit respecter Ceux qu'en exemple au peuple un roi veut présen- Et la simplicité de notre république [ter;
N'est point une leçon pour l'État monarchique. Craignais-tu qu'un ami te fût moins attaché? Crois-moi, tu t'abusais.
SOZAME.
Si je t'ai tant caché Mes honneurs, mes chagrins, ma chute, ma misère,