‹ Théâtre completChapitre 855 sur 1720 · scène ii · texte numérisé non relu

scène ii

IRADAN, le bras en écharpe, appuyé sur CÉSÈNE; MÉGATISE.

CÉSÈNE

Mégatise, aide-nous; donne un siège à mon frère. A peine il se soutient, mais il vit; et j'espère Que, malgré sa blessure et son sang répandu, Par les bontés du ciel il nous sera rendu. • IRADAN, à Mégatise.

Donne, ne pleure point.

CÉSÈNE, à Mégatise,

Veille sur cette porte, [te. Et prends garde surtout qu'aucun n'entre et ne sor- (à Iradan.) (Mégatise sort,)

Prends un peu de repos nécessaire à tes sens; Laisse-nous ranimer tes esprits languissants; Trop de soin te tourmente avec tant de faiblesse.

IRADAN.

Ah! Césène, au prétoire on veut que je paraisse? Ce coup que je reçois m'a bien plus offensé Que le fer d'un ingrat dont tu me vois blessé. .Nuire ennemi l'emporte et déjà le prétoire, Nous ôtant tous nos droits, lui donne la victoire. Le puissant est toujours des grands favorisé; Us se maintiennent tous; le faible est écrasé: Ils sont maîtres des lois dont ils sont interprètes ; On n'écoute plus qu'eux : nos bouches sont muettes. On leur donne le droit de juges souverains, L'autorité réside en leurs cruelles mains; Je perds le plus beau droit, celui de faire grâce,

CÉSÈNE

Eh! pourrais-tu la faire à la farouche audace Du fanatique obscur qui l'ose assassiner?

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