SCÈNE I
IRADAN, le jeune ARZÉMON, ARZAME.
IRADAN.
Non, ue m'en parlez plus; je bénis ma blessure. Trop de biens ont suivi cette affreuse aventure; Vos pères trop heureux retrouvent leurs enfants ; Le ciel vous a rendus à nos embrassements. Vos amours offensaient et Rome et la nature; Rome les justifie, et le ciel les épure. Cet autel que mon frère avait dressé pour moi, Sanctifié par vous, recevra votre foi ; Ce vieillard généreux, qui nourrit votre enfance, Y verra consacrer votre sainte alliance; Les prêtres des enfers et leur zèle inhumain Respecteront le sang d'un citoyen romain.
ARZAME.
Hélas! l'espérez- vous?
IRADAN.
Quelles mains sacrilèges Oseraient de ce nom braver les privilèges? Césène est au prétoire : il saura le fléchir. Des formes de nos lois on peut nous affranchir. Quels cœurs à la pitié seront inaccessibles? Les prêtres de ces lieux sont les seuls insensibles. Le temps fera le reste ; et si vous persistez Dans un culte ennemi de nos solennités, Lu dérobant ce culte aux regards du vulgaire, Vous forcerez du moins vos tyrans à se taire. Dieu, qui me les rendez, favorisez leurs feux! Dieu de tous les humains, daignez veiller sur eux !
ARZAME.
Ainsi ce jour horrible est un jour d'allégresse ! Je ne verse à vos pieds que des pleurs de tendresse.
LE JEUNE ARZÉMON, baisant la main d'Iradan, Je ne puis vous parler, je demeure éperdu, Mou père!