‹ Théâtre completChapitre 884 sur 1720 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MASSINISSE, ALAMAR, guerriers numides.

massinisse. [droits,

Eh bien ! nobles guerriers, chers appuis de mes Cirthe est-elle tranquille? a-t-on suivi mes lois? Un seul des citoyens aurait-il à se plaindre?

alamar. [craindre;

Sous votre loi, seigneur, ils n'auraient rien à Mais on craint les Romains, ces cruels conquérants, De tant de nations ces illustres tyrans,

Descendants prétendus du grand dieu de la guerre, Qui pensent être nés pour asservir la terre. On dit que Scipion veut s'arroger le prix De tant d'heureux travaux par vos mains entrepris ; Qu'il veut seul commander.

massinisse.

Qui? lui! dans mon partage, Dans Cirthe, mon pays, mon premier héritage! Lui, mon ami, mon guide, et qui m'a tout promis !

ALAMAR.

Lorsque Rome a parlé, les rois n'ont plus d'amis.

MASSINISSE

Nous verrons : j'ai vaincu, je suis dans mon empire, Je règne; et je suis las, puisqu'il faut vous le dire, Des hauteurs d'un sénat qui croit me protéger, Sur son fier tribunal assis pour méjuger : C'en est trop.

ALAMAR.

Cependant nous devons vous apprendre Qu'au milieu des débris, des remparts mis en centre, Au lieu même où Syphax est mort en combattant, Nous avons retrouvé ce billet tout sanglant, Qui peut-être aujourd'hui fut écrit pour vous-même.

MASSINISSE

Donnez. (// lit.) Ah! qu'ai-je lu? ciel! ô surprise ex- Sophonisbe à ma gloire enfin se confiait ! [trême ! A fléchir son amant sa fierté se pliait ! Elle a connu mon âme, elle a vaincu la sienne; Ses yeux se sont ouverts; et sa fatale haine, Que je vis si longtemps contre moi s'obstiner, Me croyait assez grand pour savoir pardonner! Épouse de Syphax, tu m'as rendu justice; Ta lettre a mis le comble à mon destin propice; Ta main ceignait mon front de ce laurier nouveau : Romains, vous n'avez point de triomphe plusbeau. . , Courons vers Sophonisbe... Ah! je la vois paraître,

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