‹ Théâtre completChapitre 960 sur 1720 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ATRÉE, POLÉMOX, IDAS. peuple.

ATRÉE

[Au peuple.) (A Polémon cl à Idas.)

Qu'on se retire.... Et vous, au fond de ma pensée,

Voyez tous les tourments de mon àme offensée, Et ceux dont je me plains, et ceux qu'il faut celer; Et jugez si ce trône a pu me consoler.

polémon. [cère.

Quels qu'ils soient, vous savez si mon zèle estsin- 11 peut vous irriter; mais, seigneur, une mère, Dans ce temple, à l'aspect des mortels et des dieux, Devait-elle essuyer l'accueil injurieux Qu'à ma confusion vous venez de lui faire? Ah ! le» ciel lui donna des fils dans sa colère. Tous les deux sont cruels, et tous deux de leurs

[mains La mènent au tombeau par de tristes chemins. C'était de vous surtout qu'elle devait attendre Et la reconnaissance et l'amour le plus tendre.

ATRÉE

Que Thyeste en conserve : elle l'a préféré ; Elle accorde à Thyeste un appui déclaré ; Contre mes intérêts puisqu'on le favorise, Puisqu'on n'a point puni son indigne entreprise, Que Mycène est le prix de ses emportements, Lui seul à ses bontés doit des remerciments.

POLÉMON

Vous en devez tous deux; et la reine et moi-même,

Nous avons de Pélops suivi l'ordre suprême.

Ne vous souvient-il plus qu'au jour de son trépas

Pélops entre ses fils partagea ses États?

Et vous en possédez la plus riche contrée,

Par votre droit d'aînesse à vous seul assurée.

ATRÉE

De mon frère en tout temps vous fûtes le soutien.

polémon.

J'ai pris votre intérêt sans négliger le sien. La loi seule a parlé, seule elle a mon suffrage.

ATRÉE

On récompense en lui le crime qui m'outrage.

POLÉMOX.

On déteste son crime, on le doit condamner; Et vous, s'il se repent, vous devez pardonner. Vous n'êtes point placé sur un trône d'Asie, Ce siège de l'orgueil et de la jalousie, Appuyé sur la crainte et sur la cruauté, Et du sang le plus proche en tout temps cimenté. Vers l'Euphrate un despote ignorant la justice, Foulant son peuple aux pieds, suit en paix son capri- Ici nous commençons à mieux sentir nos droits, [ce. L'Asie a ses tyrans, mais la Grèce a des rois. Craignez qu'en s'éclairant Argos ne vous haïsse... Petit-fils de Tantale, écoutez la justice.

ATRÉE

Polémon, c'est assez, je conçois \ os raisons; Je n'avais pas besoin de ces nobles leçons; Vous n'avez point perdu le grand talent d'instruire, Vos soins dans ma jeunesse ontdaigné me conduire. Je dois m'en souvenir, mais il est d'autres temps : Le ciel ouvre à mes pas des sentiers différents. Je vous ai dû beaucoup, je le sais; mais peut-être Oubliez-vous trop tôt que je suis votre maître.

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