‹ Théâtre completChapitre 962 sur 1720 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

ATHÉE, MÉGAHE.

ATRÉE

Mégare, où courez-vous? arrêtez, répondez, [dés. D'où vient que dans ces lieux, par des prêtres gar- Ma malheureuse épouse, à mes bras arrachée, Est toujours à ma vue indignement cachée? D'où vient qu'Hippodamie a soustrait à mes yeux Cet objet adoré, cet objet odieux, Cet objet criminel, autrefois plein de charmes, Qui devrait arroser mes genoux de ses larmes? Ce seul prix de la paix que je daigne accorder, Ce prix que je m'abaisse encore à demander? Quoi! ma femme à mes yeux n'a point osé paraimégare. [tre!

Elle attend en tremblant son époux et son maître. Dans cet asile saint elle invoque à genoux La faveur de ses dieux, qu'elle implore pour vous.

ATRÉE

Qu'elle implore la mienne.. . Apprenez qu'un refuge N'est qu'un crime nouveau commis contre son juge. Jusqu'à quand mon épouse, en son indigne effroi, Se mettra-t-elle encore entre ses dieux et moi? J'abhorre ces complots de prêtres et de femmes, Ce mélange importun de leurs petites trames, De secrets intérêts, de sourde ambition, De vanité, de fraude et de religion.

Je veux qu'on vienne à moi, mais sans nul artifice, Qu'on n'ait aucun appui qu'en ma seule justice; Que l'humble repentir parle avec vérité, Qu'on fléchisse en tremblant mon courage irrité. Mais qui croit m'éblouir me trouve inexorable. Allez; annoncez-lui cet ordre irrévocable.

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