PENDANT LE BAL
7 Mars 1881.
Le croirez- vous ? Et comment m'y prendre pour vous conter cela?... J'ai assisté hier soir à une représentation de spectres, — et c'est le théâtre de la Comédie-Française qui m'a donné ce spectacle fantasmagorique et funèbre !
On y jouait, pour les débuts de Mlle Tholer, les Fausses Confidences de Marivaux, qu'ils s'obstinent à jouer au Théâtre-Français, avec l'entêtement de la Tradition, cette vieille mule aveugle qui veut toujours passer par où elle a passé déjà. Ils ont recommencé de jouer cette délicieuse pièce, quoique, maintenant, elle ne soit guères plus compréhensible à qui l'interprète qu'à qui l'écoute. On n'a plus le sens de Marivaux. Seulement, comme ils n'ont
pas peur des mots dans cette maison d'ensevelisseuse du Théâtre-Français, ils ont tracassé dans celte pièce morte, d'un adorable génie qui n'est plus et que rien ne peut faire revivre. Marivaux, qui vient après Molière dans l'ordre du temps, est pour ceux qui le lisent incomparablement plus vieux que Molière, toujours jeune, lui, de l'éternelle nature humaine, dans ses œuvres ; cette nature humaine qui fait son immortalité ! Marivaux n'a point cette durée. Il a passé comme la société de son temps, qu'il a réfléchie dans ce qu'elle eut de plus charmant et de plus éphémère ! Son genre de génie, le plus subtil parfum de ce siècle à parfums, — le xvme siècle, — et qu'il fit respirer dans les jolis flacons taillés à facettes de ses comédies, est à présent évaporé. Ils ont vainement secoué, hier soir, avec leurs grosses pattes, au Théâtre-Français, un de ces légers et petits chefs-d'œuvre de flacons qui ont donné l'ivresse d'un moment à nos pères, et nous n'avons rien senti du tout !
Ils ont fait ce qu'ils ont pu, cependant. Je veux être juste. La débutante, Mlle Tholer, qui jouait Araminte, cette ravissante Araminte, qu'on ne reverra plus jamais dans le monde tel qu'il est fait, hélas ! dans le présent et dans l'avenir, est une longue jeune personne, très habillée ce soir-là, trop habillée môme, d'une robe de satin blanc enguirlandée de roses, astucieusement gonflée, cette robe,
qui a bien ses raisons pour cela, et celte longue jeune personne s'est servie du droit de la jeunesse, qui permet la platitude des bras et la minceur du cou, pourvu qu'il soit blanc; mais elle a montré de beaux yeux très brillants là-haut, au bout de toutes ces longueurs, et qui y font très bien leur métier d'étoiles... Il n'y a même qu'eux qui, dans toute sa personne, aient bien joué... A côté d'elle, la reine de la fête, il y avait Got, — Got, le meilleur acteur de la Comédie-Française,— Got, que j'ai appelé : « l'acteur qui pense », et qui faisait Dubois, l'impayable Dubois, le valet séducteur pour le compte des autres, ce diable tentateur de Dubois, ce Machiavel-Scapin qui sait la politique du cœur des femmes et dont le César Borgia pour l'heure n'est qu'un chevalier Grandisson ! Ce Grandisson-là, ce vertueux, ce respectueux, cet amoureux, brûlant par dedans, mais transi par dehors, c'est Dorante, que Laroche a joué sobrement, — et je lui en fais bien mon compliment ! — modestement, vertueusement, plus qu'amoureusement, il est vrai, mais avec une mélancolie de tenue qui était presque du talent, comme elle était presque de l'amour ! Or, quand ces trois rôles d'Araminte, de Dubois et de Dorante, sont joués par des acteurs qui en ont vraiment le sentiment, la pièce n'a plus besoin de personne. Les autres acteurs peuvent être impunément mauvais. La pièce est sauvée ! Elle a son succès et elle
peut avoir son triomphe. Les Fausses Confidences, cette morte, qui n'a plus que sa grâce et sa langueur de morte, des acteurs, s'ils avaient du génie, pourraient encore la galvaniser! Ils pourraient dire, comme le prophète, à ces sveltes et légers ossements : « Levez-vous ! pour nous séduire encore ! « Vous qui avez séduit nos pères, levez-vous ! — « Levez-vous et séduisez, pour la dernière fois « peut-être, une génération qui, certes! n'a pas « été créée pour vous ! »
Eh bien, ces thaumaturges, ces acteurs de génie, ont manqué ce soir... Nous n'avons pas été séduits. Les Fausses Confidences, jouées par la tradition, écoutées par la tradition, ont eu leur succès de tradition. On leur a fait l'aumône d'un petit sou d'applaudissements, et si la pièce méritait davantage, les acteurs ne valaient pas plus... Je les ai vus et écoutés comme la salle entière, mais j'ai vu et entendu probablement ce que n'a vu ni entendu la salle, très morne d'ailleurs, très mal éclairée, et qui faisait peu d'honneur à ce gazier de M. Perrin. Le lustre était trop haut et jetait une lueur de cave.
Or, c'est à cette lueur que mon histoire commence. C'est à cette lueur que j'ai vu apparaître successivement sur la scène les spectres de cette représentation extraordinaire et fantastique, du moins pour moi qui la contemplais... Cela s'est produit très naturellement, mais très réellement, à mes yeux, avec un relief surnaturel, tant cela ressemblait à la vie! Hallucination comme le talent en crée dans les âmes ! Derrière la débutante de ce soir, derrière cette Mlle Tholer qui jouait avec la gaucherie et l'inexpérience de ses vingt ans, j'ai vu tout à coup se dresser sur la scène le spectre d'une femme qui n'était plus jeune, elle, mais qui avait plus que les sots dons de la jeunesse,— qui avait le charme d'un talent comme on n'en reverra peut-être jamais ! Il était là, ce spectre terrible pour Mlle Tholer, et précisément derrière elle, et c'était le spectre de Mlle Mars, qui écrasait, qui effaçait, qui anéantissait la pauvre enfant assez osée pour jouer ses rôles ! Elle la noyait dans une lumière plus grande que la pâle lumière de la salle. Elle mettait un geste divin à la place des gestes indécis de la trop jeune actrice ; et à la place de sa voix de femme, elle mettait cette voix, que ceux qui l'ont entendue entendent toujours, cette voix de Mlle Mars, qui, quand elle vibrait, semblait venir vers nous par un trou du ciel! Ah ! ce spectre était implacable ! Derrière Got aussi, il y avait un autre spectre, un spec-
tre aussi plus vivant que la vie ! Il y avait le spectre de Monrose, avec sa voix cuivrée qui mordait dans le mot et qui rendait plus mordante la pensée de Monrose, l'homme de la verve enragée, l'incendiaire de la scène, qui, comme le Diable, laissait sur les planches du théâtre une flamme allumée partout où il avait passé! Enfin, derrière Laroche lui-même, il y avait encore un autre spectre, et c'était celui de Menjaud, de Menjaud assez beau pour jouer Hippolyte dans Racine el tourner toutes les têtes de belle-mère dans la réalité, de Menjaud qui jouait les amoureux comme si, pour les jouer, il n'eût pas fallu être beau ! Je les voyais tous les trois en scène, ces trois spectres, ces revenants de talent, qui revenaient ! Je les entendais. Je jouissais d'eux comme s'ils avaient été les seuls en scène. Fantômes sortis de leur passé et de leur tombe, revenaient-ils pour voir comment on les remplace, pour regarder à leurs successeurs?... Mais, morts plus vivants que les vivants, pendant tout le temps qu'a duré cette pièce morte des Fausses Confidences, dans laquelle je comparais ces morts qui ne la jouaient plus aux vivants qui la jouaient, ils ont aboli tous ces vivants dans ma pensée et ils les ont tous tués sur place par la force seule du souvenir !
Celte évocation par le souvenir, qui est la seule gloire de l'acteur quand il a disparu, cette apparition, cette hantise du talent qui n'est plus, et qui s'impose à nous lorsque les rôles que ce talent remplissait ne le rappellent que par leur vide, ne pouvait pas recommencer dans la pièce qui a suivi les Fausses Confidences. C'était une première représentation, et les deux actrices de cette première représentation, je ne crois pas que dans trente ans on se les rappel le, pas plus que la pièce deM.Pailleron. Pendant le Bal est une petite Comédie de paravent, tombée d'un salon ministériel à la Comédie- Française, et que le directeur de cette comédie, toujours empressé pour son ministre, a ramassée comme il eût ramassé son chapeau ! Les deux femmes qui ont passé au fer de leur talent et de leur diction cette papillote, qui n'a pas frisé, sont Mme Samary et Mlle Reichemberg, lesquelles ont fait les deux jeunes filles de Pendant le Bal, l'une gaîment, l'autre avec mélancolie. Ces deux demoiselles sont une antithèse. Mme Samary, dont la
réputation s'est faite parles dents, — des maîtresses dents, il est vrai, — comme, dans le conte d'Edgar Poe, en a sa fameuse Bérénice, joue la fillette gaie pour les montrer, et Dieu sait avec quelle largeur elle les montre ! et Mlle Reichemberg la fillette triste qui n'a rien à montrer ; car elle n'a plus rien, cette aérienne Mlle Reichemberg, et, sans les osselets qui résistent, elle serait une vapeur demain. Toutes les deux, elles ont débité assez proprement la fadaise rimée de M. Pailleron, dans laquelle, par parenthèse, il n'y a pas un vers, — pas un seul vers frappé qui ait du timbre et dont l'esprit puisse garder et emporter la résonnance.
Avant de jouer les Fausses Confidences, on avait joué une autre fadaise, intitulée : Chez l'avocat, et c'est entre ces deux sornettes, à la portée de tout le monde, qu'on a placé les trois actes de Marivaux, qui ne sont plus à la portée de personne. Quel encadrement pour un chef-d'œuvre! Eh bien, cette pièce de Chez l'avocat peut donner à M. Pailleron l'idée, par la comparaison, qu'il est un bien grand homme !... C'est inexprimablement mauvais, et dépasse de beaucoup tout ce que nous avons l'impertinence d'imaginer du discernement critique de la Comédie-Française... Cette bêtise est intellectuellement un crime d'État, même en République, et mériterait un châtiment venant de l'État et appliqué vigoureusement à qui déshonore, par la réception de pareilles
platitudes, le premier théâtre du monde, que Napoléon, qui en était si fier, s'il revenait parmi nous, ne reconnaîtrait plus.
J'ai parlé de spectres. Ah ! c'est celui-là qui devrait faire trembler dans sa peau M. Perrin !
14 Mars 1881.
Les semaines, au théâtre, sont comme les vaches du songe de Joseph. II y en a de maigres. II y en a de grasses. La semaine prochaine, il y en aura, à ce qu'il paraît, une très grasse, — une vraie vache d'Exposition, qui mettra bas je ne sais combien de premières représentations encombrantes. Mais en attendant, en voici une diablement maigre! Les théâtres dite littéraires, et qui ne le sont pas plus pour cela, n'ont rien donné du tout dans ces huit jours qui viennent de s'écouler, et nous sommes bien obligé de vous parler de la seule chose nouvelle qui ait paru, aux Nouveautés. Gela s'appelle : le Parisien, et pourrait s'appeler d'un autre nom. Par le talent, ce n'est pas une pièce excessivement littéraire que cette pitrerie dramatique, de peu d'effet quoique indécente, hein? Mais c'est précisément par là qu'elle
a peut-être pour la Critique un intérêt et une portée.
Elle datera, ou du moins elle pourrait dater la fin, par l'ennui, du Naturalisme à la scène ; car c'est encore un effort pour l'y faire entrer et l'y acclimater, que cette pièce. Les auteurs du Parisien, qui sont deux, quoique leur trait d'union avertisse que par l'esprit ils ne sont qu'un, MM. Vast-Ricouard font partie, comme on sait, de l'état-major de M. Zola le Busnaché; mais ils ont plus de bravoure que leur général. Le Busnaché n'aurait pas osé la pièce qu'ils viennent de faire jouer. Us n'ont pas eu peur de ce sujet scabreux, et ils sont allés de l'avant, sans crier: Gare ! car leur titre du Parisien ne le crie pas. On vient là, on n'est pas prévenu. Si ce titre était le faux Abailard, il le dirait, et on entrerait ou l'on n'entrerait pas, mais on serait prévenu. M. Zola, — le doctrinaire de sa personne, — qui n'a pas même d'autre doctrine que celle-là, — n'est point ce qu'on peut appeler un homme gai, un aimable homme gai, et eux, ses domestiques d'idées, ils le sont ou veulent l'être. Ils ont vu, dans l'intérêt du Naturalisme, toute l'importance de la gaîté. Ils se sont rappelé que c'était surtout par la gaîté qu'on prenait le public en France, et que même on l'enlevait quand on l'avait pris. Nous sommes, en France, après tout, des fils de Rabelais : « Notre Père et Notre Mère à la fois », a dit Chateaubriand, et quoique appauvri,
bien appauvri, notre sang peut pétiller encore à quelque bonne plaisanterie. Qui sait? il reste peutêtre encore cette anse de la gaîté à ce vieux pot cassé d'esprit français, qui était autrefois le plus svelte, le plus léger et le plus charmant des vases, dans lequel le genre humain tout entier pouvait boire la joie; aussi les auteurs du Parisien, avant de le faire, se sont dit que pour pousser le Naturalisme dans les faveurs du monde, il fallait essayer de la gaîté, jadis toute-puissante, et ils s'y sont mis à deux pour en avoir plus.
Les canards se mettent deux pour enlever la tortue. Eh bien, eux aussi, et, ma foi ! je crois même qu'ils s'y sont mis trois !
Mais ils s'y seraient mis quarante, comme à l'Académie, où l'on n'est pas très gai non plus, qu'ils n'auraient pas, étant ce qu'ils sont, réussi davantage. Il leur manque le génie de la gaîté. Ce n'est pas leur faute, à ces naturalistes, qui sont de gros matériels, s'ils n'ont pas la flamme aérienne de celte gaîté spirituelle, qui ne serait pas la gaîté si elle
n'était pas spirituelle (ah ! les mots sont des choses, allez !). Pour eux, pour des naturalistes, ces culs de plomb, qui crapaudent dans la réalité fangeuse ou vulgaire, il n'est pas facile de sortir de cette immonde glu. On a beau se frotter de vifargent et de phosphore, on reste empêtré. On est Caliban, on ne devient pas Ariel. Ah ! ces naturalistes du Parisien se sont probablement, dans leur naturalisme insolent et réformateur, moqués à quelque jour du vaudeville chez leur patron, qui ne doit pas l'aimer, qui certainement n'est pas le ver amoureux de cetLe étoile du vaudeville; car, disparu maintenant, le vaudeville a été l'une des plus jolies étoiles du ciel littéraire de la France. Et les en voilà bien punis I Ils ont appris, par leur propre expérience, que n'est pas vaudevilliste qui veut. Ils ont voulu être vaudevillistes dans le sujet qu'ils croyaient le plus audacieux des vaudevilles ; mais les malheureux sont restés tout à plat ce qu'ils étaient : les Galibans du naturalisme. Ils sont restés les Calibans de la gaîté lourde, qui pèse cinq cents, et de la vulgarité bête, qui ne pèse rien ; car elle est sucée et vidée par la bouche de tout le monde. Ils sont restés les Galibans de la gravelure, de la gravelure aimée de nos pères et qu'ils ont épaissie à nous en donner mal au cœur ! Ils sont restés les Galibans (toujours les Galibans!) de la grivoiserie, qui sait loucher à tout et sauve tout par
la légèreté de sa touche, et dont ils ont fait une grossièreté, avec l'outrance maladroite de gens qui ne sont pas faits pour faire ce qu'ils font, dans cette pièce du Parisien, encore plus marseillaise que parisienne, qui tourne, trois actes durant, sur la pointe de la même équivoque et dans le sujet le plus bassement physique et le plus indécemment matériel que des naturalistes pussent imaginer !
Et de cette comédie qu'on ne pouvait écrire qu'avec les mains ailées de l'esprit le plus fin et de la légèreté la plus audacieuse, ils en ont fait une comédie naturaliste, comme M. Zola a fait une tragédie naturaliste de sa Nana. Ils représentent la doctrine dans des spécialités différentes. Les deux messieurs en un du Parisien sont les comiques du naturalisme, comme M. Zola en est le tragique. Seulement, eux qui croyaient nous faire rire et tout emporter par le rire, eux qui n'avaient pas pris de Busnach pour adoucir la crudité de leurs indécentes et incroyables plaisanteries, ils ont été par trop naturalistes ce soir et ils n'ont été que cela, — c'est-à-dire porcins et ennuyeux. Les femmes mêmes qui avaient le plus de porte-veines dans la salle, et qui n'ont pas l'horreur de l'aimable animal qu'elles portent sur elles, ont trouvé ^ue sur la scène il y en avait trop...
Est-ce là un commencement de réaction contre la littérature de ce temps d'infection littéraire, où le naturalisme est battu maintenant à plate couture par la pornographie à laquelle il nous a menés et devait logiquement nous mener ? Je n'en sais rien, mais tant mieux si c'en était un ! On n'ose l'espérer, mais ce qu'il y a de certain, c'est que je ne crois pas avoir jamais assisté à un spectacle plus lamentable que celui de celte pièce du Parisien, où tout le monde semblait morne et lassé, et dégoûté d'entendre tout ce qui avait été pourtant calculé pour exciter ce rire... innommable, auquel on avait demandé un succès. Je n'étais point à la première représentation du Parisien, et j'ignore l'attitude qu'a eue la salle de ce jour. Mais je puis affirmer qu'hier soir le si-, lence — un silence qu'on eût dit attristé — n'a pas! été coupé par un seul applaudissement venant de spectateurs, et qu'à une dizaine de reprises des oh! oh! indignés sont partis des baignoires les plus obscures. Toutes les physionomies avaient l'exprès sion de la nausée qui précède l'indigestion ; il était évident que le public à qui on servait une pareille
platée en avait trop mangé et qu'il n'en voulait plus. Si les auteurs du Parisien étaient hier soir dans la salle, ils ont pu se convaincre que si la bêtise est infinie, l'appétit des malpropretés ne l'est pas.
Il est vrai que, rigoureusement parlant, il n'y en a qu'une dans celte pièce, mais c'est la pièce ellemême, c'est le sujet même de la pièce qui est un puits artésien d'équivoques et de polissonneries incessantes et perpétuelles, depuis le lever jusqu'au baissé final du rideau... Elles sont incessantes et perpétuelles, mais pour cela elles ne supposent pas grand génie à ceux-là qui les ont inventées ; car c'est toujours la même plaisanterie, incessamment et perpétuellement répétée. Et vous allez le comprendre tout de suite : car c'est la plaisanterie qu'on peut faire, et il n'y en a pas deux, sur un homme qui passe — il faut bien le dire! —pour eunuque et qui ne l'est pas. Telle est celte pièce, que je n'analyserai pas davantage, et où l'indécence et la grossièreté sont surpassées de beaucoup par la vulgarité, leur reine et maîtresse. La platitude de l'esprit des auteurs du Parisien se porte en effet sur le relief de ces choses qu'ils aiment à faire entendre ou à sous-entendre dans leur pièce, et c'est peutêtre là l'innocence de cotte souillure, qui du moins n'est pas un danger.