‹ Théâtre contemporainChapitre 6 sur 24 · GARIBALDI · texte numérisé non relu

GARIBALDI

20 décembre 1889.

Les têtes vides des faiseurs dramatiques n'ont rien donné cette semaine. Paris tout entier est aux farces des Revues de fin d'année et se régale des petits libertinages conjugaux de M. Sardou, qui n'a pas trouvé d'autre moyen de se faire spirituel que d'être indécent. Garibaldi n'est point de cette semaine, et d'ailleurs Garibaldi n'est pas de la littérature. Je n'étais point à la première de cette pièce. J'avais dédaigné d'aller à cette réclame trop ouvertement et trop impudemment réclame... Je ne veux être jamais ni la dupe ni le compère de messieurs de la Démocratie. « S'il y a du génie ou du talent dans cette pièce de Garibaldi (me disais-je), j'aurai le lendemain pour en juger... car le génie, qui est un aérolithe, peut aussi bien tomber dans la tête d'un Clistorel que de tout autre homme. Véron, déjà, n'était pas si bête ! » Malheureusement, le Clis-

torel-Shakespeare est encore à venir... Ce n'est pas là ce qui étonne ! Mais ce qui peut étonner et même indigner, c'est qu'après les scènes scandaleuses, dégoûtantes et presque meurtrières, qui se sont produites samedi soir au Théâtre des Nations, la pièce de Garibaldi continue ses représentations comme si de rien n'était, avec une tranquille impertinence, au nez et à la barbe de tout le Paris honnête insulté 1 C'est là, en effet, un scandale inouï et dont l'effronterie n'a d'égale que la lâcheté universelle. Nous sommes mûrs pour souffrir tout... On nous jette des pommes cuites ou des excréments au visage ; eh bien, nous rions et nous nous essuyons, et nous disons à un barbouillé de la veille: « Vous « avez donc été attrapé aussi dans cette bagarre? » On en parle, il est vrai, un peu, dans le feuilleton du lendemain ; mais c'est tout ! Jusqu'aux Victimes de ces jeux immondes et dangereux, tout le monde est d'accord pour l'impunité. Quant à l'autorité, qui n'a su prévenir^ ni réprimer, ni punir de tels désordres, elle n'est plus, depuis longtemps, cette chose forte qui s'appelle l'autorité. Elle tremble de toucher à l'épaule sacrée du voyou, qui, s'il ne règne pas encore aujourd'hui toute fait, régnera certainement demain. Partout, cependant, où se seraient produites les scènes odieuses qui se sont passées à la première de Garibaldi, il y aurait eu une répression ruclc^nquc Prcnrz fousles milieux ! Au café,

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au restaurant, partout (excepté peut-être à l'église, qui n'aurait guères, elle, que ses bedeaux pour la défendre), on aurait sévi. On ferme bien un cabaret quand il est le théâtre de désordres publics, et je ne vois pas pourquoi le théâtre des Nations évidemment plus coupable, ne se fermerait pas comme un cabaret 1

C'est dans la noblesse de ses amusements qu'on reconnaît la moralité d'un peuple. Jusqu'à présent, la France — puisque la fureur est de faire tenir toute la France dans Paris — s'était distinguée de toutes les nations qui ont un théâtre par la tenue de ses publics et l'intelligence de ses parterres. Qui allait de France à un théâtre de Londres, par exemple, était scandalisé de ce qu'il y voyait de grossier, de brutal et qui sentait sa vieille barbarie, dans ce parterre anglais, sanguin et féroce, fait avec des matelots et des flibustiers. On a dit : « le génie « barbare de Shakespeare », qui est, au contraire^ l'idéal des plus exquises délicatesses ! mais c'est son parterre qui était barbare, ce parterre chez lequel

il était obligé d'aller prendre l'ordre ; car voilà la bassesse de l'Art dramatique : c'est d'être forcé, quelque génie qu'on ait, de caresser, en vue du succès, les instincts et les goûts du public ! Les anglais qui venaient en France, au contraire, étaient émerveillés de l'attitude des spectateurs de nos spectacles, et ils les proposaient pour des modèles à imiter aux spectateurs de l'Angleterre... Eh bien, qu'auraient-ils dit, samedi soir, s'ils avaient été à la première représentation de Garibalcli ? On y a tu ce qu'on n'avait jamais vu, en France, à aucun spectacle: — une moitié de la salle fusillant l'autre avec des projectiles dangereux ou malpropres. Le coup de couteau dans le dos, qui est une trahison, a été remplacé par d'autres coups dans le dos, visés lâchement des dernières galeries de la salle. Autrefois, clans des temps où la grossièreté des premiers âges du théâtre n'avait pas encore disparu des mœurs publiques, la pomme cuite — la classique pomme cuite — était destinée à l'acteur ; projectile ridicule, mais innocent, qui s'escarbouillait sur le visage d'un homme et s'y étalait comme une marmelade! A présent, cette pomme cuite est destinée au spectateur, mais accompagnée d'autres projectiles plus sales ou plus durs. Certes! les anglais auraient pu juger,ce soir-là, du progrès tel que nous l'entendons dans Paris, cette ville LUMIÈRE, selon M. Hugo, dont les rayons sont des pommes cuites,

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des clous et autres choses que Zola nommerait, mais moi, pas !

Encore une fois, rien de cette ignobililé ne s'était vu, même aux plus détestables époques de la Ré- •\oIution, la mère à toutes! Je viens de lire précisément le livre nouveau de M. Henri Welschinger, intitulé: Le Théâtre de la Révolution, et, par parenthèse, je vous jure que c'est un livre qui vous donne une fière idée de la bêtise de la Révolution et de la bêtise de son Théâtre, l'un réfléchissant exactement lautre ; seulement, dans cette histoire du Théâtre de la Révolution, excellente pour qui a soif de mépris et qui veut se désaltérer, je n'ai pas vu une page aussi dégoûtante que celle que pourrait aujourd'hui écrire le prochain auteur de l'histoire du Théâtre actuel de la République. Ce fut aussi — on se le rappelle — un bruit effroyable qui salua VAmi des Lois, comédie médiocre qui n'avait que la valeur d'un cri d'honnête homme contre l'affreux système qui égorgeait la France, mais ce bruit, qui monta jusqu'à la Convention et lui troubla les entrailles, était une grande chose en comparaison de l'immonde tapage fait en honneur de cetle misérable pochade de Garibaldi ! Quoiqu'elle fût bien pour quelque' chose dans le compte du sang qu'on demandait, la Convention se montra néanmoins un pouvoir public et fit jouer la pièce par décret, malgré les vociférations de la Commune, tandis que la

pièce de Garibaldi, Irop plaie pour exciter des tempêtes, n'a pas même été interrompue, et le public qui l'écoutait et qui. ne sifflait pas assassiné !

Charmant progrès des mœurs théâtrales que les autres nations ont admirées et nous enviaient. Dans cette douce et spirituelle France, les salles de spectacle deviennent des coupe-gorges. L'anarchie, la plus basse anarchie est là, comme partout. Le théâtre ressemble à l'État. Tout est renversé bout pour bout. Ce n'est plus l'intelligence qui règle ces fêtes de l'esprit qu'on allait chercher au théâtre, mais c'est la force, bête et ordurière. C'est le naturalisme de M. Zola, ce sont les gens de l'Assommoir qui s'exercent à la République qui leur est promise, et qui, justifiant leur nom, vous assomment! Dans cette République lettrée, en attendant l'autre, les voyous remplacent les critiques et écrivent leurs articles sur le dos, la nuque et le crâne de ces bons lundistes, qui se retournent, se rebiffent bien un peu, mais, résignés, reprennent, après avoir constaté sur eux-mêmes les coups et blessures, leur petite besogne hebdomadaire. Je sais bien que si les voyous

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sont par trop cassants, on a le droit de les mettre à la porte, mais ce droit-là, on n'en use pas. Toute exécrable et abominable qu'elle fût, la Convention était un pouvoir public; et des pouvoirs contre nous, gens d'ordre, il y en a encore, mais il n'y en a pas contre les voyous. La censure elle-même, qui devrait en être un, n'est plus qu'une institution méprisée par le libéralisme inepte de sots qui ont encore besoin d'elle et qui n'ont gardé que son fantôme, lequel ne fait peur à personne... La censure, c'est-à-dire la direction, le gouvernement dans les choses de l'esprit, qui ne devrait être exercé que par les premiers hommes d'une nation, en quelles mains est-elle tombée ?... On cherche l'épithète de ces mains, on ne la trouve pas. Sous cette Restauration qui essaya de refaire une société qui s'en allait, comme les flèches s'en vont d'un carquois brisé, la Restauration mit à la tête de la censure l'austère, le grand, le majestueux Bonald ; mais Bonald fut bafoué par les libres penseurs de son temps pour avoir accepté cette rude et glorieuse charge, et la charge elle-même devint une honte bientôt pourcette effroyable opinion déchaînée qui ne veut ni maîtres ni régulateurs !

Seule cette charge, exercée par de grands esprits, pourrait exercer sur la littérature et le théâtre une influence qui la relèverait. Elle empêcherait le théâtre de tomber aussi bas que la canaille qui le

trouble. Si nous aimions la République, nous la demanderions pour elle. Nous la demanderions dans toute sa force et dans toute sa dignité. Par exemple, une censure intelligente et àportée auraitelle laissé jouer cette sottise de Garibaldi, dont tout l'esprit est de préparer une entrée triomphante à Garibaldi dans le Paris de la Commune, au printemps ?... N'aurait-elle pas fait réfléchir une administration assez dupe ou assez complice pour donner un théâtre à M. Ballande, qui y fait jouer, en fort littérateur, des pièces comme ce Garibaldi, et qui ne sait pas garder son théâtre des misérables qui l'ont envahi lautre jour et qui l'ont souillé?...

4 Janvier 1881.

C'est encore une reprise, — une de ces reprises éternelles qui attestent le dessèchement et l'infécondité de l'Art dramatique à cette heure. C'est encore le fond de bouteille d'un vin déjà bu, et qui, au débouché de la bouteille, n'avait pas charmé le palais des dégustateurs... Il y a vingt-cinq ans de cela. Vingt-cinq ans, qui améliorent le vin de grande qualité, n'améliorent pas les pièces de petite. A cette reprise du Mariage d'Olympe, de cette photographie de mœurs superficielles et mobiles et qui ne sont déjà plus, on se demandait, jeudi suir, au Gymnase : « Y a-l-il des filles maintenant comme « cette Olympe? » Et les gens qui connaissent ces espèces de femmes répondaient : « Non ! » Cependant, cette pièce reprise avait été reprisée par l'auteur. Mauvaise note ! Une retouche dans une œuvre d'art est presque toujours, comme dit l'énergique expression vulgaire, une pièce à côté du trou. Si on

trouble. Si nous aimions la République, nous la demanderions pour elle. Nous la demanderions dans toute sa force et dans toute sa dignité. Par exemple, une censure intelligente et à portée auraitelle laissé jouer cette sottise de Garibaldi, dont tout l'esprit est de préparer une entrée triomphante à Garibaldi dans le Paris de la Commune, au printemps ?... N'aurait-elle pas fait réfléchir une administration assez dupe ou assez complice pour donner un théâtre à M. Ballande, qui y fait jouer, en fort littérateur, des pièces comme ce Garibaldi, et qui ne sait pas garder son théâtre des misérables qui l'ont envahi l'autre jour et qui l'ont souillé?...

LE MAHIAGE D'OLYMPE

4 Janvier 1881.

C'est encore une reprise, — une de ces reprises éternelles qui attestent le dessèchement et l'infécondité de l'Art dramatique à cette heure. C'est encore le fond de bouteille d'un vin déjà bu, et qui, au débouché de la bouteille, n'avait pas charmé le palais des dégustateurs... Il y a vingt-cinq ans de cela. Vingt-cinq ans, qui améliorent le vin de grande qualité, n'améliorent pas les pièces de petite. A cette reprise du Mariage d'Olympe, de cette photographie de mœurs superficielles et mobiles et qui ne sont déjà plus, on se demandait, jeudi soir, au Gymnase : « Y a-l-il des filles maintenant comme « cette Olympe? » Et les gens qui connaissent ces espèces de femmes répondaient : « Non ! » Cependant, cette pièce reprise avait été reprisée par l'auteur. Mauvaise note ! Une retouche dans une œuvre d'art est presque toujours, comme dit l'énergique expression vulgaire, une pièce à côté du trou. Si on

fois, grâce à l'incommensurable bêtise de ces dandins d'hommes, ont plus de tenue, et, vanité à par qu'il ne faut pourtant jamais y mettre, s'ajustent mieux aux aises de l'honnêteté qui les reposent des affreuses fatigues d'une vie dont elles sont blasées, et tant, à présent, dans cette société pourrie et liquéfiée, où tout coule, l'énergie du mal même manque aux âmes et les fait lâchement s'arranger des petites commodités et tranquillités du bien !

Cette vue-là, qui serait vigoureusement entrée dans les entrailles de son sujet, M. Emile Augier, malheureusement, ne l'a point eue. Aussi n'avonsnous vu, dans son Mariage d'Olympe, qu'une coquine du temps passé, — une archéologie de coquine! — à laquelle on ne s'intéresse plus qu'historiquement. M. Emile Augier ne nous a pas donné le type de la grande Dépravée, humaine et éternelle, qui trouve que la boue de son vice a plus de goût et de ragoût que toutes les saveurs pures de la vertu ! 11 a vaudevilisé au lieu de faire de la grande comédie ou du grand drame ; car on ne sait maintenant plus où l'on en est avec l'Art dramatique d'un temps où l'anarchie est partout, et où les comédies finissent par le dénouement, tragique et facile, des coups de pistolets, et avec des airs religieux encore et des : Dieu, me jugera ! quand on se permet d'assassiner. Tel l'état mental du théâtre et de la tête religieuse de M. Augier. Lorsqu'on joua pour la première fois le vaude-

ville du Mariage d'Olympe, qui n'est gai qu'à une place, — la scène du souper, — mais qui l'est à la condition d'être répugnante de vulgarité et de bassesse, cette gaîté de sale orgie entre le cabotin pleurard et cette mère d'Olympe dont l'auteur a fait une ancienne portière pour pouvoir placer la plaisanterie, qui n'était déjà pas neuve, il y a vingt-cinq ans, du « cordon s'il vous plaît », et sur l'effet de laquelle on comptait; cette gaîté, même à ce prix, n'atteignit pas la salle, et l'autre soir elle ne l'a pas atteinte non plus. Il faut bien le dire : on est resté froid. On n'a été enlevé nulle part. Les sacrifices à l'indécence qui valent, en ce moment, un si grand succès à M. Sardou, au Palais-Royal, n'ont pas réussi au même degré au Gymnase. C'est que les indécences n'y sont pas du même genre. Elles sont libertines et chaudes dans la pièce de M. Sardou. Elles ne sont simplement que grossières, dégoûtantes et froides, dans la pièce de M. Emile Augier, lequel a poussé à outrance une situation odieuse et dont la gaîté est même troublée par l'idée que les parents vertueux de cette abominable Olympe peuvent rentrer tout à coup et la surprendre... inquiétude qui coupe le rire sur les lèvres du spectateur !

En somme, toute cette pièce du Mariage d'Olympe, d'une gaîté voulue et travaillée dans la scène du souper, est plutôt l'œuvre d'un moraliste amer que la comédie d'un auteur dramatique en

belle humeur. Dans le dialogue de la pièce, il y a des mots heureux, je le reconnais, mais trop intaillés au burin ou pas assez, puisqu'on s'aperçoit qu'ils le sont. M. Emile Augier a procédé par maximes, comme La Rochefoucauld, et c'est là certainement le meilleur d'une pièce sans action qui étreigne et sans caractère qui intéresse. Montrichard, qui fait cyniquement de la morale contre Olympe et qui ne vaut pas mieux qu'elle, est un décalque effacé de ce fier ribaud de Maxime de Trailles, dans Balzac, — une de ces figures qu'il n'est pas permis de recommencer ! Les parents vertueux de l'abominable Olympe, ces parents en pâte de guimauve, ont une bonté qui touche par trop à la bêtise, et la mère d'Olympe est la portière de toutes les portes, la mère archi-connue de toutes les prostituées qui ont réussi en faisant métier et marchandise de leur corps, sans un seul trait qui soit nouveau.

Cette froide pièce, écoutée froidement, le jeu des acteurs ne l'a pas réchauffée. Ils ont été surpris et congelés par elle. Ils n'ont pas dissous ce glaçon dans la flamme de leur jeu. Mme Pasca, qui jouait

Olympe, Mine Pasca, la distinction même, et dunt la distinction a résisté aux ignobilités que son rôle l'obligeait à débagouler, ne s'est pas sentie, ce soirlà, la vertu transformatrice dont il était besoin pour jouer ce rôle et en idéaliser les infamies. Peut-être que s'il eût été taillé plus grand, elle aurait été de niveau avec son horreur... On peut le croire à la manière dont elle a joué cette partie du rôle d'Olympe où elle n'est que fausse, ingrate et perverse, car on peut jouer tout cela et garder la distinction de sa personne et de son talent ; mais elle n'a pas su patauger dans l'Olympe crapuleuse, et elle a joué sans verve ce qui lui faisait probablement mal au cœur... On dit, depuis longtemps, que les allemands se jettent par la fenêtre pour se faire vifs. Mme Pasca, sans être allemande, a sauté, jeudi soir, par cette fenêtre-là. Elle a inventé, à l'aide d'un travail qui a dû lui coûter de grands efforts, toutes les attitudes qui pouvaient, au souper où elle redevient fille, déshonorer son noble corps et traduire les immondes gaîtés d'Olympe; mais l'inspiration qui prend parfois à la scène les grandes actrices et qui leur souffle tout à coup des improvisations sublimes, elle ne l'a pas eue et elle ne pouvait pas l'avoir.

Son grand talent mourait de son rôle... Quand elle n'a été que le monstre du premier et du dernier acte, quand elle s'est montrée écrasée d'ennui sur

son canapé et languissamment cruelle pour ces honnêtes gens, ses trop généreuses dupes, elle a bien été la Maie Pasca que nous connaissons; quand, à la dernière scène, impudente mais intrépide, elle a bravé insolemment le pistolet du marquis,avec sa tête renversée, ses yeux félins à moitié fermés, son nez court aux narines frémissantes, elle a été bien panthère. Mais elle n'a pas su être l'horrible truie du souper se roulant dans sa bauge d'autrefois. Or, la vraie Olympe, c'est l'Olympe du souper ! C'est le souper qui est toute la pièce.

Saint-Germain a été plus heureux. Sa nature n'était pas si positivement en contradiction avec son rôle. 11 jouait le cabotin, père de famille, du souper? et il a été excellent et complet, avec des finesses de jeu exquises et d'un naturel qui ne devient jamais une charge. Seulement, qu'il le sache bien ! et le public aussi, ce n'est pas à la pièce écrite de M. Augier qu'il doit son succès, mais à la pièce interprété3 par lui et à cette accumulation de souvenirs comiques qu'il apporte avec lui et qui font rire dès qu'il apparaît sur la scène, en écho de tous les rires que nous lui devons.

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