SCÈNE XIV
UN VOYAGEUR, Les Mêmes.
LE VOYAGEUR, chantant au debon.
Sont sortis de Ségovie, Quatre hommes de mâle vie; Pèdre Alonze était l'un d'eux.
Le second de ces fâcheux Porte le nom de Camache.
Le troisième ^st un bravache Dont Jaramille est le nom.
Comejo le fanfaron Complète el conclut la liste.
Chacun est peu moraliste, Tuant son homme au besoin S'il le trouve en quelque coin.
Tous quatre lompant leur chaîne, De nuit ont gagné la plaine ' Au grand souci des gardiens.
Bien vite Pèdre et les siens Aux rochers de Cuadarrame Ont fui la rage dans l'âme.
Et chacun d'eux deviendra
Cpenrier de la sierra.
Déserte est la Mancébie (i)
Jaraodina (2) perd la vie,
Les hachas (3) sont sans abri
Les plames n^ont plus qu*uo cri.
Les yaras sont en bourrasque^
Contre cette bande en masque^
(Test à qui fulminera.
Malheur à qui tombera
En Toccurrence où nous sommes
Aux mains de ces pêcheurs d'hommes;
S*il aime à rire, il rira
Et bien plus il dansera
Mais en Pair et sans discordei
Au son d'une seule corde.
CHIGHON, chantant aussi.
Puisses-tu perdre les yeux, O chanteur malicieux,
DON FERNANDO. Gelul-là Dd Q^os craîol p^s pttîsqtt'il passe par la sierra calme et chantant
CHIGHON, chantant. San$ éùutô H n*a pas %n sou.,.
DON FERNANDO. Vous troîs soîvez-lQ et ramenez ici; sa petite chanson me plaît et je déaire Tealendre tout entière. Je crois que c'est un courrier à pied et je veux voir ses lettres; elles me seront peut-être utiles.
GAMAGHO. Allons 1
GHiGHON. Il VOUS a eutendus et ses pieds ont des ailes.
DON FERNANDO. Suives-le tt 06 manquez pas de Fatteindrei dussiez-vous aller jusqu^au bas de la montagne que fertilisent les eaux de la Guadarrama, Pour qu'il fuie avec tant de
(1) La Mancébia ou Manfla désigne là confrérie des bandits.
(2) Jarandina a le même sens»
(3j Les hachas sont les femmes des voleurs, en ai^ot de Bohème.
èreté et qa'il se garde aveo tant de précaiitîoD, il faut il porte quelque chose de valeur.
Gamacho, Gon^fo et JaramlDo, wrtest.