‹ Théâtre d'AlarcónChapitre 158 sur 192 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

N FERNANDO, TEODORA, GHIGHON et UH dsqx faux Briganps.

SHiGHOir, regaidut au loin. Hossme e»4ii ll^vre T es-tu <M-

i? es-tu une boule gonflée par le ventt II franchit les ro-

MTS en volant, et du bond quil appuie sur Fun il passe à

ttre si légèrement que ses pieds sont de Ilége ou que les

ihers sont de laine.

DOif FeuHANDO. Ceux qui lut donnent la ehasse sont les fils

vent ; il tente en vain de s'échapper.

HiiGHOif. On ne Taperçoit déjà plus.

DOff FERNANDO^ En attendant qu*ils reviennent avec la prise^

rmets, joyau de mon ftme,^ que celui qui t>K)ore repose sa

te sur tes genoux.

TEODORA. Asseyons-nous et repose-toi un momf nt de tant

I fatigues et de veilles.

odora s^assied ) don Fernando ({uitte son arquebnte tt repose sa tète

sur les genoui de Teodora.

GHIGHON, à part auideux hommes. Voilà Une SUperbe OCOasiOU,

nis; ses camarades sont si loin qu'ils no peuvent le secourir \ lOi je lui jetterai ce petit manteau sur la tète, et vous, 6tes« ti ses armes ; vous baiUonneres Teodwa ; menaces-là de tuer si elle crie.

PREMIER HOMME. Bien parlé. Viens et agis!

CHiCBON. AlloQS, courage t je sens que je tremble des pieds la tète. (A part.) Que ne peux-tu, vile avarice, sur Phumanitét Il s'approche de Feniando avec son manteaa.

3/i8 LE TISSERAND DE SÉGOYIË

DOif FERNANDO. Qu'est-ce que cela, Ghicbon?

CHiGHON. Seigneur je remarque qu'il est dur le lil que vous oiïre ce rocher et je veux que ce manteau serve de tapis sinon de matelas à vos épaules.

DON FERNANDO. G'cst îoulile ; ies rochers me connaisseot et ils sont moelleux, com[)arés aux souffrances que j'endure.

CHIGHON. Quelles souffrances? Avez-vous accouché? Moii n'y a que cela qui me fasse peur.

PREMIER HOMME, à part à Gbichon. QUC faîS-tU , Ghichon?A

cette heure le courage le manque ?

GHICHON, à part aux deux hommes. Me VOUS élODDez pas; il in'>

lancé un regard qui aurail fait Irembler Tenfer. Mais celle fois il faut que l'exploit s'achève.

Il revient comme pour lui jeter le manteau sur les yeux.

DON FERNANDO. Tu t'enlètes encore, Ghichon 7

GHiGHON. Seigneur, ies rayons du soleil vous donnent daos les yeux et je cherchais à vous faire de Tombre.

DON FERNANDO. Commc te voilà complaisant ! Depuis quaoi me soignes-tu ainsi, Ghichon?

GHIGHON. G*est plus nécessaire que jamais, votre vie et voire santé nous sont d'une grande importance.

DON FERNANDO. Pi'aic plus tant de soin de moi.

GHIGHON. Je ne puis vous obéir, car vous êtes mon protecteur.

PREMIER HOMME, à part à Ghichon. Ghichon, tu as peur chaque fois que tu approches.

GHIGHON. Oui, camarade, la mort a si mauvais visage!

(REMiER HOMME. Eh biou, FjOUs le saisirous nous deux, el toi empare-toi de Téodora!

GHiGHOi^. Gela va ; j'oserai l'affronter en combat singulier.

(Les deux hommes jettent le manteau sur la tète de Fernando et b'cDiparent de lui.)

iK>N FERNANDO. Ah I traîtres t TeoDORA. Qu'est-ce que cela ?

CHiCHON. C'est ta mort si tu parles !

PRCMiER HOMME. Nc résistc pas si tu ne veux pas que nous uvrioos une porte à ton àrae !

DEUXIÈME HOMME. Attache-lui vite les mains. (On lui attache

s mains par derrière avec la corde de TarquebuBe. )

PREMIER HOMME. Telle esl la fin de qui suit une telle route, •edro Alonzo !

CHICHON. Pardonnez-nous, c'est Tordre du roi.

i>£DxiÈME HOMME. Attachez-lc bien.

PREMIER HOMME. Les mains attachées avec la corde de Taraebuse, ce sera un Hercule s'il la casse ou s'il se délie.

BEUXIÈME HOMME. MetteZ-VOUS CU FOUlC.

PREMIER HOMME. Cette ddgue servira d'éperon s'ils sont snts à marcher.

CHICHON. Mon Dieu! comme i( braille! Patience, Pedro! Infio, qui mal commence mal finit!

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