SCÈNE XII
TEODORA, Lks Mêmes.
TEoooRA, à paru Uétas I je suis perdae l
GARGERAN. Homine I 06 fuis pas, bannis la crainle et ne te troubles pas; dis-D«us si lu as rencontré et où se trouve à celle heure la bande qui emmène prisonnier le tisserand deSégovie,
TEODORA. Mon pressentiment me trompe ou c'est là Garceran.
GARCERAif. N'est-ce pas Teodora?
TEODORA. Je suis Teodora*
GARGERAN. Qu'est-ce douc? Comment reviens-tu libre el seule? Qu'est devenu Pedro?
TEODORA. Gourons vite vers h maison des champs qo'arrose an pied de ta Sierra ce ruisseau semant sur les rochers les perles de son cristal. Peut-être voire secours lui est-il nécessafa^; je vous conterai en route ce qui est arrivé.
GARGERAïf . Hâtons-nous. Mais dis-nous s'il est libre.
SGÈiNE XIII DON FERNANDO, Lsg Mêmes.
bON FERNANDO, au dehors. Teodora l
TEODORA. Ah cicl I c'est sa voix.
J>ON FERNANDO, au dehors. Tcodoral
TEODORA. Sort heureux I il estlibre. Appelaut. Pedro! GARGERAN. Appcllc-le Une autre fois pour qu'il entende la Voix et qu'il vienne à son écho.
I£ TISSERAND DB SÉGOTIE 363
TKODORA9 appelant, Pedro 1
CORNEJO. 11 quitte les rochers pour gagner le chemin* GARGERAN, crianu Arrivez I tout votre monde tous attend Ji.
DOif FERNANDO, entranu G^est VOUS Garcerau?
GARGERAN. Et ICS VÔtreS.
DOW FERNAN]>o. EtTeodora?
TEODORA. Viens dans mes bras!
CAMAGHo. Et dans les bras de nous tous qui nous réjouis- ODS de ton bonheur.
GARGERAN. Nous apprtmes d'un voyageur quils vous eaxnenaient à Servie prisonnier, et réunissant aussitôt votre madHlla, nous partions à votre recherche^
DON FERNANDO. Mou couragc m*a donné la victoire sur ces traîtres qui s'emparèrent de moi par une ruse inf&mej depuis j'ai dû la vie à Teodora, honneur de sapatrie, Tégale des matrones romaines. J'ai laissé le comte et ses valets enfermés dans la maison de campagne. Amis si vous avez gardé lamémoire de mes services, voici roccasion de me prouver voire Ttconnaissance.
gàrceran. En douter c'est oITenser ceux qui vous doivent la vie.
CAMAGHO. Il n'en est pas un ici qui ne s'expose pour vous à la mort.
coRWEJo. Tous feraient pour vous la guerre à l'enfer luimême.
jaramillo. Mettez à l'épreuve votre bande valeureuse.
DON FERNANDO. Suivez-moi donc.
GARCERAN. OÙ alioUS-nOUS ?
DON FERNANDO. Faire connaître au monde le courage du tiwerand de Ségovie.
Ils Mrtmt»
M6 LE TI58ERAND DE StOOVIE
Qaoique le nom que voas donne le monde toit pmnant, tt ne ieri à rien ici, et devant celui qui eit déterminé à roffenae, le plus grand seigneur n'eit qtt*un homme. Gonnaissez^YOus eette paysanne I
bi coKTs. Je la connais.
DON FiRHARDO. Sefez-tous que cette femme que voas voyez sous cet humble habit, est doua Ana Ramirez, dont b naissance est égaie, sinon supérieure, à la vôtre ? Savez-vous que c'est votre amour qui Ta contrainte à ce déguisement, que c'est vous qui l'avez abusée et perdue par des espérances trompeuses et de vaines promesses?
LE COMTE. Moi des promesses à doîla Ana 7
DON FfiRNANoo. Jo n'attcods pas ici votre confession ; ce que je sais suffit pour que le fer agisse. Donnez-lui donc surle^harop, à Tinstant même, la main que vous lui devez, oa cette chambre va devenir le théâtre de votre supplice.
FiNÉo, à part au comte. C'est sans doute le tisserand, je reconnais sa voix : et puisque vqus ne pouvez résister, offrez-lai votre main. Sauvez votre vie, seigneur^ du grand péril où elle se trouve. Gomme vous aurez agi sous le coup de la violence il sera facile plus tard de rompre ce mariage.
LE COMTE, ^ pan à Fiiiéo. Tu as raisoQ, Venez, dona Ana; je suis heureux de vous offrir ma main; que votre espérance n'ait pas été vaine I
DONA ANA. Vous savcz bien, comte et seigneur^ que quand même votre parole et votre foi ne vous obligeraient pas, mon amour serait un titre suffisant pour mériter votre main.
LE COMTE. Une juste réciprocité est due à votre délicatene. (A paru) ennemie, tu me paieras cette violence avec ta vie! (lia M donnent )a mMn.) Voici ma main, je suis votre époux.
DONA ANA. Et moi dans mon bonheur, je donne la main d'épouse à celui qui me rend la vie et Tàme.
DON FEKNANDO. Laîuiet-JloUf Muli à prôteot ; j'ai à parler an comte.
riMÉo. A-Ml encore quelque ebose à vérifier ?
LB coMT£>à part. Acause de toi» Teodora, que fen vienne à cette cruelle extrémité I
DONA ANA, à part. Sansdoute 11 veut le prier de solliciter sa grftce auprès du roL Pourtant il ne Taurait pas offensé si telle avait été son intention. Mon àme se noie dans une vague terreur.
Tous sortent. Le tfsserand ferme les pertes»